Monde

Règlement de la crise au Burundi : ouverture hier du sommets chefs d'Etats d'Afrique de l'Est

Publié par Narimane BELAHCENE le 31-05-2015, 18h56 | 22
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   Un nouveau Sommet des chefs d'Etats d'Afrique de l'Est a débuté hier à Dar Es Salam (Tanzanie) en vue de trouver une issue à la crise politique au Burundi, où les manifestations contre le troisième mandat du président Pierre Nkurunziza se poursuivaient le même jour.

Après plus d'un mois de manifestations populaires contre le président, Pierre Nkurunziza, les dirigeants des pays d'Afrique de l'Est (Rwanda, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Burundi) se réunissent pour un sommet d'urgence en présence du président sud-aricain Jacob Zuma prendra part.
Ce nouveau sommet est «décisif» selon les observateurs, car il est l'occasion d'utiliser l'autorité des pays voisins pour ramener le calme dans la capitale burundaise.

Une première réunion au niveau ministériel des pays de l'Afrique de l'Est s'est tenue le 13 mai dans la capitale économique tanzanienne suivie d'un report des élections de 10 jours sous la pression de la communauté internationale, suivies du scrutin présidentiel le 26 juin.

Samedi, les ministres des Affaires étrangères des pays d'Afrique de l'Est se sont réunis pour préparer le sommet d’hier. Trois rapports ont été examinés, celui d'anciens responsables politiques de la région, un autre sur les réfugiés et enfin un dernier sur la situation politique au Burundi.

Plusieurs options seront discutées, dont une proposition de calendriers pour le report des élections et éventuellement une demande explicite à Pierre Nkurunziza de ne pas briguer à troisième mandat.

Occupé par la campagne électorale, Nkurunziza absent à Arusha
Le grand absent de ce sommet est le président burundais Nkurunziza concerné par la crise dans son pays.«Le président burundais sera représenté au sommet par le ministre des relations extérieures», a confirmé dimanche son porte-parole Gervais Abayeho car «il est en train de faire campagne» pour les élections à venir.

M. Nkurunziza n'est pas le seul absent du sommet, le rwandais Paul Kagame, pourtant incontournable dans la région,  n'y sera pas, par contre le sommet verra la participation du Sud-Africain Jacob Zuma.
L'Afrique du Sud suit de près les affaires burundaises.

Elle avait joué un grand rôle dans les accords de paix d'Arusha ayant mis fin à la guerre civile entre majorité hutu et minorité tutsi (1993-2006).Le président Nkurunziza avait participé à un premier sommet le 13 mai dans la capitale économique tanzanienne. Une tentative de coup d'Etat avorté contre le président burundais avait suivi cette réunion.

3e mandat  : «Ligne rouge»
A défaut de se prononcer sur le coeur du problème, le troisième mandat de M. Nkurunziza «ligne rouge» non négociable, selon le camp présidentiel, l'Ougandais Yoweri Museveni, le Rwandais Paul Kagame, le Tanzanien Jakaya Kikwete et le Kényan Uhuru Kenyatta devraient a minima préconiser un report des élections générales, censées débuter vendredi prochain avec des législatives et des communales.

Le gouvernement burundais avait averti que «certaines questions qui touchent à la souveraineté du pays ne peuvent être sujet à débat», faisant référence à la candidature du président Nkurunziza.
Parmi les Etats présents, c'est l'Afrique du Sud qui a eu les prises de position les plus fortes ces dernières semaine avec une condamnation claire de la volonté de Pierre Nkurunziza de briguer un 3e mandat.

Les envoyés spéciaux de la communauté internationale sont sur la même ligne: Communauté des Grands Lacs, Union européenne, Etats-Unis, Belgique, Grande-Bretagne pensent au renoncement du président burundais de se représenter.

L'Organisation des Nations unies s'est dit quant à elle espérer que le sommet donnerait un «nouveau souffle» au difficile dialogue politique interburundais.La société civile burundaise, en pointe dans la contestation, a redemandé samedi aux leaders régionaux d'«amener le président Nkurunziza à respecter les accords d'Arusha (qui ne prévoient que deux mandats) et la Constitution, et à renoncer au troisième mandat».

Le principal opposant au Burundi, Agathon Rwasa, a appelé au report des élections législatives et locales prévues vendredi prochain dans le pays qualifiant le scrutin de «mascarade».Vendredi, en pleine contestation contre le président sortant, la vice-présidente de la Commission électorale (Ceni) Spes Caritas Ndironkeye a fui à l'étranger, hypothéquant un peu plus les prochaines élections.
 

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