Des hauts responsables des Nations unies ont appelé, lors d'une réunion de haut niveau sur le dividende démographique et l'emploi des jeunes, les Etats membres à faire de l'emploi des jeunes une priorité absolue pour mettre un terme au «gaspillage de capital humain» actuel et bâtir des sociétés plus stables.
Dans ce cadre, l'Algérie par la voix de son ministre des Affaires maghrébines, de l'Union africaine et de la Ligue arabe, Abdelkader Messahel, a exposé l'expérience algérienne dans ce domaine, et les résultats encourageants obtenus, indiquant que la politique nationale d'emploi des jeunes «se confond largement» avec la politique nationale de promotion de l'emploi elle-même.
Il a expliqué que concernant plus particulièrement la période 2010-2014, un plan d'action gouvernementale visant la réduction du taux de chômage à moins de 10% a adopté une approche consistant en le soutien à l'investissement générateur d'emplois au moyen d'incitatifs fiscaux et de crédit, le déve
oppement de l'entreprenariat chez les jeunes, et le dispositif d'aide à l'insertion professionnelle.
Le ministre a indiqué que partager l'expérience de l'Algérie au regard du dividende démographique «me fait l'obligation de rappeler que mon pays est situé au coeur d'une sous-région de l'Afrique que les instances internationales créditent du taux de chômage des jeunes le plus élevé sur le continent, le situant autour de 24%, et le citant volontiers parmi les causes de l'instabilité politique qu'ont connus certains pays de notre région depuis le début de la décennie en cours».
Les pays doivent capitaliser sur les jeunes pour accélérer leur développement
Dans son intervention à cette réunion, tenue lundi à New York, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a estimé que les pays doivent capitaliser sur cette catégorie pour accélérer leur développement.
«Le monde abrite actuellement la génération de jeunes gens la plus nombreuse de l'histoire. J'ai confiance dans leur capacité à changer le futur», a-t-il déclaré, affirmant que «les jeunes d'aujourd'hui font partie de la première génération susceptible d'en finir avec la pauvreté et de la dernière génération capable d'éviter les pires conséquences du changement climatique.»
Sur ces points, M. Ban a rappelé les grands rendez-vous de l'année 2015, à savoir l'adoption d'un nouveau programme de développement pour l'après-2015 lors d'un sommet spécial sur le développement durable en septembre à New York et l'adoption d'un accord universel sur le changement climatique lors d'une conférence à Paris en décembre.
«Et j'insiste sur le fait que nous ne pouvons parler de développement durable sans la participation active de la jeunesse», a ajouté le secrétaire général.
Mettre un terme au «gaspillage de capital humain»
Soulignant le lien existant entre la paix et le développement, M. Ban a appelé les pays à autonomiser les jeunes comme solution aux problèmes de sécurité, indiquant que «74 millions de jeunes gens sont aujourd'hui sans emploi dans le monde», une situation qu'il a qualifiée de «gaspillage de capital humain».
Donner des emplois décents et conférer un poids politique aux jeunes leur permettra de «bâtir un monde meilleur», a ajouté M. Ban, appelant à investir davantage dans l'avenir des filles et des adolescentes, qui font face à des obstacles plus importants que les garçons et les adolescents.
M. Ban a par ailleurs mis l'accent sur la nécessité d'investir dans l'éducation, promouvoir les droits de l'homme et développer les systèmes de protection sociale. Participant également à l'évènement, le président de l'Assemblée générale de l'ONU, Sam Kutesa, a quant à lui insisté sur le potentiel représenté par les jeunes en terme de croissance économique, indiquant que «les pays pourvus d'une large population de jeunes gens et de taux de natalité en baisse sont les mieux placés pour bénéficier du dividende démographique».
«Pour optimiser le dividende démographique, des politiques et interventions adaptées sont nécessaires afin de transformer une plus grande proportion de la population jeune en adultes économiquement productifs», a expliqué le président de l'Assemblée, mentionnant que 90% des 1,8 milliard de jeunes que compte aujourd'hui la planète vivent dans les pays les moins avancés, dont une grande partie en Afrique.
«En exploitant son dividende démographique, on estime que le continent africain pourrait ajouter jusqu'à 500 milliards de dollars par an à son économie, pendant 30 ans», a assuré M. Kutesa, tout en appelant les Etats membres à se saisir de cette formidable opportunité.