Le Kenya va bientôt adopter «des mesures sévères» pour restreindre le mouvement des réfugiés dans et hors de camps de Dadaab, a déclaré jeudi un responsable kényan, justifiant cette mesure le fait que le groupe Al-Shabaab obtenait, selon lui, l'aide de personnes dans les camps.
Le coordonnateur régional pour le nord-est, Mohamud Saleh, a affirmé que certains réfugiés aident les militants d'Al-Shabaab en leur fournissant des vivres et des médicaments, et en utilisant leurs charrettes à âne pour le transport d'armes des militants.
«Lors de notre récente opération à Yumbis, le personnel de sécurité ont intercepté 25 charrettes à âne appartenant aux réfugiés. A notre grande surprise, les propriétaires se sont échappés lors qu'ils ont été stoppés. Ceci est une indication claire que les propriétaires avaient des mauvaises intentions», a-t-il confié aux journalistes à Garissa, ville située près de la frontière somalienne.M. Saleh a déclaré que certaines personnes de Dadaab sont engagées dans le commerce illégal de plusieurs millions de dollars avec leurs frères en Somalie.
«Ce ne sont pas des réfugiés. Nous veillerons à ce que le camp abrite seulement ceux qui ont droit à l'asile selon les normes internationales», a-t-il souligné. Dadaab, qui accueille quelque 350.000 Somaliens, est le plus grand camp de réfugiés du monde.
En avril, le gouvernement kényan a demandé au Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de fermer les camps pour 90 jours après que près de 150 étudiants de l'Université de Garissa ont été tués par des hommes armés d'Al-Shabaab au début de ce mois.
M. Saleh a ajouté que certains réfugiés sont également impliqués dans le braconnage et le commerce illicite pertinent. «Tous ces problèmes sont attribués à la libre circulation des réfugiés. Elle doit cesser», a-t-il martelé.