Le futur référendum promis par le Premier ministre britannique David Cameron sur le maintien ou non de son pays dans l'Union européenne (UE) doit être abordé jeudi soir par les dirigeants européens à Bruxelles, mais la question devrait être reléguée au second plan par la crise grecque et des migrants, selon des sources européennes.
C'est la première fois depuis sa nette victoire électorale de mai dernier et la confirmation qu'un référendum sera organisé dans son pays d'ici à fin 2017 -, que le Premier ministre britannique retrouve pour un sommet à Bruxelles les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE. Avec comme intention initiale un débat sur ce projet controversé.
Mais «je ne pressens pas pour le moment, étant donné la situation, un énorme appétit pour une longue discussion complète sur la question britannique», confie un diplomate européen de haut rang, cité par l'agence AFP.
Plutôt qu'une discussion à bâtons rompus sur les réformes souhaitées par Londres, les dirigeants européens ne devraient débattre que brièvement du sujet jeudi soir, au dîner, avant de convenir de la prochaine étape du processus, à savoir des discussions techniques à un niveau inférieur, croient savoir plusieurs sources européennes.
«Ils vont décider quel est le calendrier et comment ce processus devrait être organisé dans les quatre mois à venir», a précisé un responsable européen.David Cameron, qui veut négocier des réformes avant d'appeler au maintien ou non dans l'UE, est en tournée européenne depuis plusieurs semaines pour convaincre ses partenaires de leur bien-fondé.
Il a déclaré récemment qu'il voyait dans ce sommet de jeudi et vendredi l'occasion de «donner le coup d'envoi à un processus de travail sur le fond en vue de trouver les solutions».
Il souhaite des négociations couvrant quatre domaines selon des sources gouvernementales à Londres: des engagements sur la compétitivité, des garanties de protection pour les non-membres de la zone euro, d'autres sur la souveraineté - notamment la possibilité de ne pas respecter cet engagement des Etats membres à davantage de convergence et d'union.
Par ailleurs, le président de la Commission européenne a nommé Jonathan Faull, qui a rompu au rôle d'intermédiaire entre Bruxelles et sa Grande-Bretagne natale, à la tête d'une «task force» spécialement dédiée à la question du référendum britannique.Mercredi, la reine Elizabeth II, en déplacement officiel en Allemagne, a pris part au débat en mettant en garde contre tout risque de division en Europe.
«Au cours de nos vies, nous avons vu le pire mais aussi le meilleur sur notre continent», a déclaré la reine selon les médias britanniques. «Nous savons que la division en Europe est dangereuse et que nous devons nous en garder, aussi bien dans l'ouest que dans l'est de notre continent».