L'envoyé spécial des Nations unies pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed, s'est montré confiant mercredi quant à l'établissement d'une trêve humanitaire au cours des deux semaines restantes du ramadhan, ce qui permettrait d'acheminer de l'aide à la population.
«Nous restons optimistes quant à nos chances de l'obtenir», a déclaré Ismail Ould Cheikh Ahmed dans la capitale saoudienne Ryadh, au terme d'une deuxième journée de discussions avec le gouvernement yéménite en exil.
Le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon avait appelé à un cessez-le-feu humanitaire immédiat de deux semaines au début du mois sacré du ramadan, le 18 juin.«Nous en discutons avec toutes les parties prenantes», a assuré M. Ould Cheikh Ahmed, le jour même où l'ONU a décrété son niveau d'urgence humanitaire le plus élevé pour le Yémen.
Selon l'ONU, plus de 21,1 millions de Yéménites ont désormais besoin d'assistance humanitaire --soit 80% de la population--, 13 millions d'entre eux souffrent de pénurie alimentaire et 9,4 millions ont un accès réduit à l'eau.
Un cessez-le-feu de cinq jours proposé en mai par l'Arabie saoudite avait permis de fournir de l'aide aux Yéménites. Mais la coalition menée par les forces saoudiennes avait vite repris ses frappes, accusant les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, d'avoir brisé le cessez-le-feu.
Les pourparlers de paix à Genève ont échoué le mois dernier, et M. Ould Cheikh Ahmed a déclaré à l'agence AFP qu'il n'y avait pas de «plan immédiat» pour leur reprise. «Nous préférons faire la navette entre les deux parties jusqu'à l'établissement d'un accord», a-t-il précisé.
Le médiateur prévoit de se rendre dans la capitale yéménite Sanaa, contrôlée par les rebelles, pour mener des discussions avec les Houthis et des membres du parti de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, pour «réussir à établir un accord, avant la fin du ramadan, je l'espère».
Il existe «quelques garanties» selon lesquelles ce cessez-le-feu sera plus respecté que le précédent, selon le médiateur.«Dans le meilleur des cas, nous aurons un accord global, avec des observateurs qui pourront constater le respect du cessez-le-feu», a ajouté M. Ould Cheikh Ahmed.