La crise en Ukraine ne doit pas opposer les Etats-Unis et la Russie, a affirmé mardi le secrétaire d'Etat américain John Kerry."Il ne s'agit pas d'un jeu à somme nulle, de l'Ouest contre l'Est, cela ne devrait pas être le cas, ce n'est pas la Russie ou les Etats-Unis ou d'autres choix, il s'agit du peuple d'Ukraine et des choix d'avenir des Ukrainiens", a déclaré M. Kerry aux côtés de son homologue britannique, William Hague.
Ce dernier a martelé que le Royaume-Uni, à l'instar des Etats-Unis et des grandes puissances européennes, "soutenait avec force l'intégrité territoriale et l'unité de l'Ukraine".
M. Hague a notamment plaidé pour que les nouvelles autorités ukrainiennes mettent sur pied un "gouvernement qui comprend le plus grand nombre, avec des gens issus de différentes régions de l'Ukraine, notamment de l'Est et du Sud".
Il a lui aussi assuré que les Occidentaux ne cherchaient "pas à éloigner (l'Ukraine) de la Russie". "C'est un pays qui a besoin d'une assistance financière de multiples sources, y compris de Russie", a souligné M. Hague.
Pour sa part, le chef de la diplomatie américaine a promis que son gouvernement "voulait travailler avec la Russie, avec d'autres pays, avec tous ceux qui sont disponibles pour faire en sorte que (la situation) s'apaise à compter de ce jour". Il a dénoncé la "violence terrible sur le Maïdan (à Kiev) qui a choqué le monde", la semaine dernière.
L'Occident et la Russie cherchaient mardi à apaiser la tension autour de l'Ukraine, où les autorités provisoires luttent pour prévenir une faillite du pays et faire obstacle aux tentations séparatistes du Sud et de l'Est.
Après avoir mis en doute lundi la légitimité des nouveaux dirigeants ukrainiens et déclaré ne pas se voir "travailler" avec un gouvernement issu d'une "révolte", Moscou a abaissé d'un ton sa rhétorique mardi.
Tout en se déclarant opposé à la tenue d'une élection présidentielle anticipée le 25 mai, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé que Moscou souhaitait "que l'Ukraine fasse partie de la famille européenne, dans tous les sens du mot". De leur côté, les Etats-Unis avaient semblé depuis plusieurs jours marcher sur des œufs pour calmer le courroux de la Russie, après le changement de régime ce week-end à Kiev. La Maison Blanche et le département d'Etat ont multiplié les déclarations mesurées et insisté sur la coopération avec Moscou, loin du climat de la Guerre froide.