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selon l’universitaire Mustapha Saidj : L’islamophobie, une réalité en constante recrudescence

Publié par Dknews le 24-07-2015, 19h15 | 254
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L’islamophobie est un phénomène existant et en constante recrudescence, même si les discours officiels occidentaux, qui se veulent rassurants, tentent de démontrer le contraire, a affirmé jeudi à Alger l’universitaire, Mustapha Saidj.

S’exprimant lors plénière aux travaux de la Conférence internationale sur l’extrémisme et sur la dé-radicalisation, le professeur Saidj, enseignant à l’Université d’Alger, a mis en garde contre «la montée» de l’islamophobie en occident, désavouant les discours des officiels de certains pays notamment d’Europe qui, a-t-il dit, «minimisent l’ampleur de ce phénomène».

«Nous écoutons des discours rassurants comme celui du président américain, Barak Obama, qui dit aimer l’Islam et les musulmans, mais la réalité est toute autre sur le terrain», a-t-il constaté. Selon lui, l’islamophobie, qui consiste à diaboliser l’Islam et les musulmans, est amplifiée et reliée par certains médias occidentaux qui par leurs écrits mettent en danger la vie et les biens de la communauté musulmane établie dans leurs pays.

M. Saidj a cité, dans ce contexte, l’exemple de certains médias français qui se spécialisent dans la propagande de discours populistes prêchant la «dangerosité» de l’Islam vis-à-vis de la société et de la civilisation françaises et l’incompatibilité de cette religion avec le modèle civilisationnel de l’Occident.

A travers leurs caricatures et articles anti-islam, ces médias tentent de semer la peur dans les esprits des Français à l’égard de l’islam et de ses pratiquants et mettent en garde contre une éventuelle ascension des musulmans au pouvoir en France, a-t-il ajouté.

Dans un sondage publié en 2013 par le journal français le Monde, 74% des personnes interrogées sur l’islam ont considéré que cette religion était «intolérante et ne correspond avec la culture, les aspirations et le monde de vie des Français et de la France».

Il a expliqué que l’Occident et plus précisément les Etats-Unis ont cherché un nouvel ennemi après la fin de l’Union soviétique et de la guerre froide, ayant duré plus de cinquante ans, précisant que les attentats du 11 septembre 2001 à New York, avaient constitué «l’opportunité pour cibler l’Islam et le diaboliser aux yeux des Américains et du monde occidental en général».

L’Australie, a-t-il fait savoir, connaît elle aussi une montée de l’islamophobie par l’émergence de mouvements radicaux appelant à «chasser les musulmans de leur pays» et scandent «une Australie pour les Australiens».

Pour le professeur, ce sont les premiers groupes afghans, dont des djihadistes d’origine arabe, qui ont été armés et entraînés par les Etats-Unis et leursses alliés pour combattre les Soviétiques, qui sont à l’origine de l’émergence du terrorisme dans le monde. 

Il a affirmé que la création de groupes comme l’organisation dite «Daech» constitue un carburant pour alimenter la phobie des sociétés occidentales à l’égard de l’islam et des musulmans. Ce sont ces mêmes Arabes afghans qui avaient attaqué une caserne à Guemar, en Algérie, durant les années 1990, pour entamer par la suite une guerre, qui ne disait pas son nom, contre l’Algérie et son peuple, a-t-il rappelé.

«L’Algérie avait souffert des affres du terrorisme et lutté seule contre ce fléau transnational, alors que les médias occidentaux décrivaient cette tragédie comme une simple guerre civile et s’interrogeaient sur le qui tue qui», a-t-il dit avec beaucoup d’émotion.
                                                    

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