Réputé très proche de l’ancien président Nicolas Sarkozy, le poids lourd de la droite française, Patrick Balkany, maire de Levallois Perret, en région parisienne vient d’écrire un nouvel épisode des relations avec la presse.
Il avait été mis en examen, en octobre dernier, pour «blanchiment de fraude fiscale», «corruption» et «blanchiment de corruption», rapporte le site du quotidien français lemonde.fr qui précise que les deux juges d’instruction en charge de cette affaire «Renaud van Ruymbeke et Patricia Simon disposent de documents précis pointant la responsabilité de ce très proche de Nicolas Sarkozy dans l’organisation d’un système d’évasion fiscale.»
Le journal Le Monde avait alors pu accéder à des documents confidentiels d’une entité financière chargée de la lutte contre le blanchiment d’argent faisant état d’un «schéma sophistiqué de fraude», écrit le journal qui évoque également des soupçons inspirés par «un train de vie faramineux du parlementaire et l’écheveau de sociétés écrans et comptes offshore derrière lesquelles se cachent M. Balkany et son épouse Isabelle».
Début juillet, la cour d’appel de Paris valide la décision visant à lui interdire la sortie du territoire en avançant, comme motif, selon lemonde.fr le fait que «l’essentiel des avoirs patrimoniaux de Patrick Balkany (et de son épouse) sont domiciliés à l’étranger (Maroc, Liechtenstein, Singapour pour ce qui est connu à ce jour, mais qui n’est pas forcément exhaustif)».
La cour a ainsi estimé que leur déplacement vers l’étranger serait susceptible de permettre des mouvements sur leurs fonds détenus à l’étranger. Par cette décision, la justice française confirme les soupçons pesant sur ce «sulfureux couple» de la haute société parisienne, tout comme elle oppose une fin de non-recevoir à sa requête déposée le 02 juillet, visant à lever cette interdiction de sortie du territoire.
Ses avocats ont déployé tout leur talent pour rejeter les accusations et dénoncer le caractère «disproportionné» de la mesure d’interdiction de sortie du territoire. De son côté, Patrick Balkany, également député Les Républicains des Hauts-de-Seine a préféré croiser le fer avec la corporation de la presse, qui aurait, semble-t-il, et peut-être à ses yeux également, outrepassé ses prérogatives dans cette affaire.
A quelques jours de la fin de la session parlementaire, il a déposé trois propositions de lois axées sur le monde des médias et des journalistes. Dans son premier projet, Balkany vise la privatisation du secteur audivisuel public, « à l'exception de «Arte France, France Média Monde, TV5Monde et l'Institut national de l'audiovisuel (INA)» «, relève l’AFP.
L’encombrant ami de Nicolas Sarkozy, part du constat que les chaînes audiovisuelles publiques manquent «d’objectivité et de partialité évidente de certains programmes» pour «s'interroger sur la pertinence de conserver, au regard des montants engagés chaque année, les groupes généralistes du secteur audiovisuel public : France Télévisions et Radio France», rapporte l’AFP.
A destination de la presse écrite, le député maire de Levallois Perret, lance quelques flèches «venimeuses» destinées à supprimer le système des aides de l’Etat à la presse écrite.
Jouant sur la situation économique de la France, et le lourd tribut payé par les contribuables français, Balkany demande la fin de ce système d’aide coûteux, en rappelant, à la corporation de la presse écrite «qu'elle coûte aux Français, qu'ils soient ou non lecteurs, plusieurs centaines de millions d'euros chaque année», s’appuyant sur un rapport de la cour des comptes française consacré à la gestion de ces aides.
Troisième «flèche» lâchée par Balkany contre la presse, son autre projet de loi qui demande rien de moins que la «suppression de l'avantage fiscal dont bénéficient les journalistes dans le calcul de leur impôt sur le revenu» souligne l’AFP qui précise que cet avantage fiscal baptisé «allocation pour frais d'emploi», offre la possibilité aux journalistes « de déduire chaque année 7 650 euros de leur revenu imposable».
Même si Balkany jure, la main sur le cœur qu’il n’a aucune intention de «stigmatiser cette profession», sa démarche pour «sucrer» cette niche fiscale s’assimile vite à une revanche contre cette corporation qui n’a eu de cesse de s’intéresser aux démêlés du couple Balkany avec la justice.