L'Organisation internationale des migrations (OIM) a annoncé vendredi que plus de 3,1 personnes ont été obligées de fuir leur foyer en Irak depuis le début de 2014, année marquée par l'avancée spectaculaire du groupe autoproclamé «Etat islamique» (EI/Daech).
«Ce chiffre comprend plus de 250.000 déplacés de Ramadi, chef-lieu du gouvernorat d'Al-Anbar (ouest), en proie ces derniers mois aux attaques des éléments de Daech», a précisé l'OIM dans un communiqué.
L'institution intergouvernementale, basée à Genève, indique avoir identifié plus de 75.000 personnes déplacées de la zone de Falloujah depuis le 8 juillet, alors que les forces irakiennes tentent de reprendre le contrôle de la ville aux mains des groupes armés.
Face à l'afflux incessant de familles de déplacés en détresse, l'OIM a distribué de l'aide non alimentaire à plus de 138.000 familles à travers le pays.
Au moins 2,6 millions de déplacés proviennent des provinces d'Al-Anbar, de Ninive et de Salaheddine, situées à l'ouest et au nord de Baghdad et théâtres de violents combats entre l'EI et les forces pro-gouvernementales. Les déplacés ont essentiellement rejoint le Kurdistan irakien, la région de Baghdad et le sud du pays, selon l'organisation.
Les éléments de l'EI ont pris pied, dès janvier 2014, à Al-Anbar, particulièrement Ramadi, soit cinq mois avant le début de leur offensive fulgurante en Irak, qui a entraîné la plus grande vague de déplacement.
Depuis mai dernier, quelque 85.000 personnes ont fui la ville de Ramadi (ouest), tombée aux mains des extrémistes, d'après le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR). Cette nouvelle vague de déplacements porte à 180.000 le nombre de personnes ayant fui Ramadi depuis début avril, précise le HCR, notant que «beaucoup de déplacés ne savent pas où aller»