Culture

«la toponymie algérienne : du local au national»

Publié par Arslan-B le 25-07-2015, 18h37 | 153
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…En espérant qu’il ne s’agira pas de s’étendre et de s’entendre sur l’étymologie facile, et que les résultats de ce colloque ne manqueront pas de constituer un apport édifiant –un « plus »- dans l’approfondissement de la recherche anthropolinguistique, un chemin éclairé vers une connaissance de plus en plus concise de notre passé (fiel et miel), de notre patrimoine culturel, de notre identité…plurielle, incontestablement ? A priori, du moins…Car sans objectif, que pourrait valoir un séminaire, un colloque ?

Sans risque de se tromper, d’abord, il est des toponymes d’un ésotérisme immuable que ni la philologie, ni l’étymologie (qui s’en inspire amplement en « sollicitant » dans une large mesure la sémiologie) ne pourront « ébranler » dans leur tenace « monolithisme » pour espérer en extraire, un jour, la quintessence sémantique.

Tant leurs origines « linguistiques » remontent, dans bien des cas, aux temps préhistoriques et que l’onomatopée peut être un élément constitutif de leur formation…Aussi, de ce colloque (dont on ne connaît pas l’objectif, cela dit), les respectables animateurs-participants sont précisément attendus sur leur aptitude à « pénétrer » la gangue de métal qui enveloppe certains toponymes, l’étymologie facile « à fleur de peau » n’intéressant personne, tant c’est évident…

Ensuite, d’emblée, il est plutôt difficile de comprendre ou d’expliquer cette « dichotomie » flanquée au thème fondamental du colloque et qui consiste à établir une  différence… « géothématique » entre la toponymie « locale » et « nationale ». La toponymie nationale ne serait-elle pas le recensement de l’ensemble des toponymes locaux ? Question naïve, peut-être…Mais peu importe. Un colloque, à l’initiative du HCA (Haut commissariat à l’Amazighité) est consacré à la « toponymie locale et nationale » du 24 au 27 juillet 2015 et se déroulera à JIJEL.

La toponymie, pour rappel, est « l’étude des noms de lieux et leur étymologie ». Que signifie « JIJEL » ? Pour commencer. A l’époque coloniale, cette ville côtière voisine de Bejaia s’appelait « DJIDJELLI ». Alors que ce « toponyme » apparemment imposé par l’administration coloniale française (1830-1962) a, dans la réalité (linguistique) autochtone, toujours désigné le natif-résident ou le natif (même expatrié) de cette région (qui englobe d’autres localités telles Taher, Texenna et bien d’autres…).

Pourquoi, alors, pareil « choix » par l’administration coloniale ? A noter que lorsqu’il s’agit de désigner la ville, les autochtones (Tous les Algériens et pas seulement les natifs de la ville) prononcent « JIJEL », c’est-à-dire avec le phonème (j) (de l’alphabet latin) (j) comme « jamais », « joie »…Mais dès qu’il s’agit de désigner l’habitant-natif, c’est « djidj(e)lli », c’est-à-dire avec le « ج » (dja) (comme « Djazaïr »). Une énigme…phonétique, déjà.

L’étymologie est une autre difficulté…A aucun moment nous n’avons « rencontré » quelconque explication étymologique à « Jijel » dans le tome-1- de l’ouvrage pourtant assez  bien documenté de Charles-André-Julien intitulé « Histoire de l’Afrique du nord, des origines à la conquête arabe ».

Il est tout aussi vrai, cependant, que de respectables et vraisemblables hypothèses quant à l’étymologie de certains noms de « grandes » villes algériennes ont été émises, énoncées, ça et là…C’est le cas de  Alger « El Djazaïr » ou « Mezghenna »,« Tlemcen », Oran (Wahran ou Wihran = deux lions ( ?))…Mais beaucoup d’autres toponymes continuent de résister aux assauts des étymologistes.

Exemple : Amizour, Bdjaia ou V’gaieth, ou encore (semble-t-il, du moins) Skikda, Arzew…Et faut-il prononcer « Ighil Izzène » ou « Ighil eyyizène » (pour Relizane) ? La première (prononciation) signifierait « la crête calcinée », tandis que le seconde veut dire « la crête aux mouches » ( !).

Quel sera le « verdict » des étymologistes du colloque de Jijel (Du 24 au 27 juillet 2015) ? Concernant « Amizour »,  selon une hypothèse (mi-anonyme, mi-apocryphe) remontant déjà à plus d’un demi-siècle, « le sens premier ayant (on ne sait ni comment, ni pourquoi ni quand ?) par la suite subi une reconfiguration phonétique c’est « Amezouèr »  (synonyme = amenzou) qui veut dire (en Tamazight) « Le premier ». L’ « argument » invoqué à l’appui de cette explication étymologique consiste à affirmer qu’au lendemain de la colonisation française, l’actuelle Amizour serait un « important » champ de courses doté d’un club hippique (pour les colons).

Aucune « tentative » audacieuse, jusqu’à preuve du contraire, à propos de ce que « recèle », sémantiquement, le toponyme « V’gaïth », la prestigieuse capitale des Hammadite, du Maghreb des sciences, des lettres et des arts chère à Ibn Qhaldun. Par contre, les phonèmes (v), (g), (è), (y), (th=ث ) sont reproduits dans « B’djaia », (v=b, g=dj, è=a, y=y).

Mystère alors que son nom français ne souffre d’aucune ambiguïté ( Il y avait, bien avant la colonisation, une fabrique de cire et de bougies d’une grande réputation « industrielle », ces mêmes bougies (chandelles étant échangées-troc- contre d’autres objets et biens en provenance de l’étranger (Italie etc…) ).

Quel est l’étymologiste « éminent » capable de déceler le substrat sémantique de ce lieudit de Aït Bimoune (Wilaya de Bejaia) appelé « Mazkwane » ? Ou encore « Toudja » ? Et tant et tant d’autres cas d’ésotérisme… Nul doute qu’il est toujours utile de continuer à chercher, à s’interroger sur l’origine sémantique des noms de lieux chez nous, d’éventuels résultats probants permettant à davantage cerner avec force précision notre passé, notre histoire commune, soit des pans entiers de notre identité.

Des repères, en somme, même s’ils ne font que nous renseigner sur le degré d’influence en termes d’acculturation des différents envahisseurs que l’Algérie a eu à subir. Ce modeste article se veut surtout un « Bon courage ! » et un « Bienvenue en Algérie ! » à tous les participants étrangers au Colloque sur la toponymie de Jijel…Merci de votre attention.

 

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