Un député somalien, ses deux gardes du corps et son chauffeur ont été tués samedi par les insurgés shebab à Mogadiscio, quelques heures après des propos du président américain Barack Obama affirmant que le groupe était «affaibli».
Le député, Abdulahi Hussein Mohamud, se déplaçait dans un quartier sud de la capitale somalienne lorsque les assaillants lui ont tendu une embuscade pour l'abattre ainsi que ses deux gardes du corps et son chauffeur avant de prendre la fuite.
Dimanche, l'envoyé spécial de l'ONU en Somalie, Nicholas Kay, a dénoncé un «acte ignoble».
Dans un communiqué, les shebab, affiliés à Al-Qaïda, ont revendiqué l'assassinat et ajouté qu'ils «continueraient de cibler» les parlementaires.
Le président somalien Hassan Sheikh Mohamud s'est dit «dévasté» par cette attaque qui intervient quelques mois après l'assassinant d'un député de la région du Puntland. «Le député est mort en martyr alors qu'il servait la nation, mais ce genre d'assassinat ne nous empêchera pas d'aller de l'avant», a assuré le président devant la presse samedi soir.
«Ils ont ouvert le feu sur la voiture, et le député ainsi que tous les passagers sont morts», a raconté un témoin, Abdirahman Mire. La Somalie est en état de guerre civile, privée de réel Etat central depuis la chute de l'autocrate Siad Barre en 1991. A la tête d'une insurrection armée depuis 2007, les shebab, littéralement les «jeunes», ont juré la perte des fragiles autorités de Mogadiscio.
Affaiblis sur le terrain militaire par une force de l'Union africaine (Amisom), ils multiplient les assassinats et opérations de guérilla, contre ces cibles gouvernementales mais aussi de l'UA ou de l'ONU.
L'attentat a eu lieu alors que Barack Obama, en visite au Kenya voisin, a loué samedi le travail de l'Amisom. Le président américain a reconnu que les shebab constituaient toujours une menace, mais que leur «emprise» en Somalie avait été réduite et leurs réseaux en Afrique de l'Est «affaiblis».
Les Etats-Unis mènent eux-mêmes régulièrement des attaques de drones contre les shebab dans le pays de la Corne de l'Afrique.
L'Amisom, composée de contingents kényan, éthiopien, burundais, ougandais et djiboutien, a lancé la semaine dernière une nouvelle offensive pour déloger les shebab des zones rurales qu'ils contrôlent encore dans le sud du pays.
Samedi, des hélicoptères - vraisemblablement éthiopiens - ont mené des raids contre certaines de leurs positions dans la province de Bay. Selon Mogadiscio, de nombreux insurgés ont été tués, mais des habitants ont également déploré des pertes civiles.