Encore une fois, c’est l’hebdomadaire satirique le Canard Enchaîné qui est allé chercher l’info pour dénoncer le diktat que semble imposer le géant de l’informatique Apple aux rédactions des publications françaises, notamment les magazines, en contrepartie de ses insertions publicitaires.
Dans sa dernière livraison, le Canard enchaîné a en effet livré quelques détails recueillis auprès de sources professionnelles crédibles confirmant l’existence d’une règle imposée pour éviter certains contenus pour toute publication souhaitant bénéficier de la manne publicitaire de la firme à la pomme.
De témoignages d’un professionnel d’une régie publicitaire parisienne, recueillis par l’hebdomadaire satirique font en effet état de l’existence d’une «charte», exigeante pour le Canard qui y voit « une conception très particulière de la liberté de la presse ».
D’après les informations de l’hebdomadaire, la «vigilance» éditoriale d’Apple vise à exclure de son champs de visibilité publicitaire les sujets qui peuvent «fâcher», comme « cigarettes, sexe, violence, terrorisme et guerre », que tout magazine qui souhaite avoir de publicité d’Apple doit s’interdire d’insérer, selon le patron d’une régie publicitaire, cité par le site 20minutes.fr, auquel il ajoute, effectivement que « tout ce qui est traumatisant, trop dramatique en première page doit être évité pour ne pas perturber le produit Apple exposé en quatrième de couverture».
Les exigences d’Apple vont un peu plus loin.
Pour ceux qui auraient enfreint cette règle, «l’éditeur est condamné à envoyer une lettre d’excuses à Apple et à lui proposer de repasser gratuitement sa pub, cette fois sans rien de compromettant autour », rapporte le Canard Enchaîné.
Les révélations de l’hebdomadaire satirique ont relancé le vieux débat sur les relations entre la presse et la publicité, avec des vais différents ; il y a ceux qui pensent qu’au moins la firme à la pomme a eu l’honnêteté d’écrire noir sur blanc ce que les autres annonceurs ont toujours implicitement imposé à la presse.
D’autres considèrent que cette façon de faire demeure condamnable, car elle enfreint inexorablement la liberté de la presse et l’indépendance des rédactions.
Par ces temps de crise et de difficultés d’adaptation des modèles économiques de la presse écrite, il y en a aussi certains qui, réalistes, admettent ce fait accompli, comme le souligne le site 20minutes.fr qui comprend que la société « Apple impose sa loi, et au vu de la période de crise que traverse la presse, en grande difficulté financière, difficile de dire non à la marque à la pomme ».