La situation des migrants et des réfugiés qui débarquent en masse sur les îles grecques en provenance de la Turquie est «absolument honteuse» et le gouvernement grec se doit d'agir en urgence, a estimé vendredi à Genève un responsable du Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations unies (HCR).
«En trente ans d'expérience humanitaire je n'ai jamais vu une situation pareille (...) C'est l'Union européenne (UE) et c'est absolument honteux», a déclaré Vincent Cochetel, responsable de la division Europe du HCR.
«La Grèce doit se réveiller face à cette urgence», a déclaré M. Cochetel qui a aussi déploré que l'aide financière de l'Europe soit «trop faible et trop tardive».
Le HCR demande au gouvernement grec de «désigner d'urgence une seule autorité pour coordonner la réponse et mettre en place un mécanisme d'assistance humanitaire» et il salue «la réponse généreuse de la société civile grecque dans un contexte (économique) difficile».
«Le temps est venu d'une action audacieuse et de penser en dehors des schémas habituels», a poursuivi le responsable onusien en expliquant que le défaillance de l'accueil de ces réfugiés en Grèce a un impact ensuite sur les autres pays européens qui constituent leur destination finale.
De janvier à juillet le HCR estime que quelque 124.000 réfugiés et migrants sont arrivés de Turquie dans les îles grecques, principalement Lesvos, Chios, Kos, Samos et Leros. Cela représente une hausse de 750% par rapport à la même période de 2014.
En juillet il y a eu 50.000 nouvelles arrivées, 20.000 de plus que le mois précédent.