Le président bélarusse Alexandre Loukachenko, candidat pour un cinquième mandat, a remis en liberté six opposants dont l'ex-candidat à la présidentielle et cofondateur du parti social-démocrate bélarusse, Mikola Statkevitch.
La grâce accordée aux six prisonniers a été annoncée samedi dans un bref communiqué de la présidence invoquant «des principes d'humanisme».
Elle intervient «trop tard» pour que M. Statkevitch puisse se présenter à la prochaine présidentielle, prévue le 11 octobre dans un contexte complexe pour Alexandre Loukachenko, estiment des observateurs.
Le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjin Jagland, a salué «un pas important qui va dans la bonne direction», dans un communiqué. Parmi les autres opposants libérés, Mikola Roubtsev avait été arrêté alors qu'il portait un t-shirt demandant le départ de M. Loukachenko, tandis que les quatre autres hommes étaient accusés d'appartenir à un groupe d'anarchistes ayant lancé un cocktail molotov contre des locaux du KGB, l'héritier des services de renseignement soviétiques.
Reconnu comme «prisonnier d'opinion» par Amnesty International, Mikola Statkevitch purgeait une peine de six ans de prison dans un camp de travail à régime sévère.
Il avait été condamné en mai 2011 pour «organisation de troubles massifs à l'ordre public» après une manifestation de l'opposition fin 2010 contre la réélection controversée de M. Loukachenko.
Lors de ce scrutin, Mikola Statkevitch avait obtenu 1% des suffrages.