Société

Crise migratoire : Merkel se rend dans un foyer de réfugiés

Publié par DK News le 27-08-2015, 01h14 | 35
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La chancelière Angela Merkel devait se rendre hier dans un foyer de réfugiés pour s'élever contre les violences xénophobes, alors que l'Allemagne a renoncé à renvoyer les Syriens vers leur pays d'entrée dans l'UE.

Ce foyer situé à Heidenau (Saxe) a été la cible de violentes manifestations anti-immigrés le week-end dernier que la chancelière a qualifiées d'«abjectes».

Ce devrait être la première visite de Mme Merkel dans un foyer de réfugiés depuis le début de la crise migratoire européenne dans laquelle l'Allemagne est en première ligne.

Berlin a annoncé mardi avoir renoncé à renvoyer les Syriens vers leur pays d'entrée dans l'UE, un «acte de solidarité européenne» salué par la Commission européenne.

Il s'agit du «seul cas dont nous avons connaissance parmi les Etats membres», a commenté à Bruxelles la porte-parole de la Commission européenne, Natasha Bertaud.

Ce geste «constitue une reconnaissance du fait que l'on ne peut laisser les Etats membres situés aux frontières extérieures gérer seuls» l'afflux exceptionnel de migrants, à l'instar de la Grèce ou de l'Italie, a poursuivi Mme Bertaud.

La semaine dernière, la Macédoine, dépassée par l'important flux migratoire a fermé sa frontière pendant trois jours, repoussant les migrants à coups de matraques.

«Nous avons été stoppés en Macédoine pendant deux jours.

Les émeutes étaient terribles, la police a eu recours aux armes et aux gaz lacrymogènes», a affirmé un ingénieur informatique irakien de 29 ans qui a fui sa ville de Mossoul pour échapper aux jihadistes du groupe Etat islamique.

Plus de 1.000 migrants ont passé mardi la frontière gréco-macédonienne et dans la soirée, un bateau avec 2.489 réfugiés à son bord, pour la plupart syriens, est entré dans le port grec du Pirée en provenance de l'île de Lesbos, en attendant une autre embarcation mercredi.

Entre janvier et juin, quelque 102.000 migrants sont entrés dans l'UE par la Macédoine, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, l'Albanie, le Monténégro et le Kosovo, contre 8.000 à la même période l'année dernière, selon l'agence Frontex chargée des frontières extérieures de l'espace Schengen.

Au total, selon Frontex, sur les sept premiers mois de l'année, le nombre de migrants aux frontières de l'UE a atteint 340.000, contre 123.500 sur la même période de 2014.

 

Un vice-Premier ministre tchèque appelle à la «fermeture» de l'espace Schengen

Un vice-Premier ministre tchèque a appelé à la «fermeture» de la frontière extérieure de l'espace Schengen pour «défendre» cette zone européenne de libre circulation, avec l'aide de l'Otan, contre l'actuelle vague d'immigration.  «Nous devons immédiatement fermer l'espace Schengen, nous avons besoin de défendre Schengen», a affirmé Andrej Babis, vice-Premier ministre chargé de l'Economie et ministre des Finances, cité hier par le quotidien Pravo.

«Nous devons empêcher la venue de migrants», a aussi dit le ministre des Finances, chef du mouvement ANO, souvent taxé de populisme, qui fait partie de la coalition gouvernementale.

Selon lui, l'Otan devrait apporter une aide à la Macédoine et à la Bulgarie, confrontées à un afflux de migrants souhaitant se rendre en Europe occidentale via les Balkans.

Par ailleurs, le Premier ministre social-démocrate, Bohuslav Sobotka, se prononce de son côté en faveur d'un renforcement de la protection de la frontière extérieure de l'UE et d'une politique de retour plus efficace.

«La République tchèque s'est jointe au programme de solidarité de l'UE, s'étant engagée à accueillir sur son sol 1.500 réfugiés, d'ici à 2017», a-t-il rappelé récemment. La République tchèque est à l'heure actuelle surtout un pays de transit vers l'Europe de l'Ouest.  Au cours des six premiers mois de l'année, 3.018 migrants illégaux y ont été interceptés, chiffre en hausse de 48% par rapport à la même période de 2014.

 

«L'Italie fait ce qu'elle doit faire»

Le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, a rejeté hier les critiques de l'Allemagne et de la France sur la crise des migrants, estimant que l'Italie faisait son devoir «et beaucoup plus».

«L'Italie fait ce qu'elle doit faire (...) et même beaucoup plus, en sauvant des dizaines de milliers de vies humaines et en accueillant les réfugiés», a déclaré le ministre dans un entretien au quotidien italien Corriere della Sera publié hier. 

En recevant le président français François Hollande lundi à Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel avait demandé que la Grèce et l'Italie mettent en place «cette année» les centres d'enregistrement des migrants dont la création a été décidée en juin.

Mais pour M. Gentiloni, «demander à la Grèce et à l'Italie de faire leur devoir sur l'immigration est comme dire à un pays frappé par une inondation d'accélérer la production de parapluies».

«L'Europe a besoin d'aller dans la direction exactement opposée à celle qui consiste à taper sur les pays situés sur sa frontière extérieure», a insisté le ministre en appelant une nouvelle fois à une «européanisation de la gestion des flux».

«Cela peut sembler ambitieux, mais (...) c'est la seule voie possible.

Les migrants arrivent en Europe, pas en Italie, en Grèce, en Allemagne ou en Hongrie.

Au train où vont les choses, on risque de remettre Schengen en cause et de revenir aux anciennes frontières».

Interrogé sur la mise en place des centres d'enregistrement, le ministre a répété qu'il fallait d'abord revoir les accords de Dublin sur le droit d'asile, qui obligent les demandeurs d'asile à déposer leur dossier dans le premier pays européen où ils ont été enregistrés.

Mais les pays du nord de l'Europe, Allemagne en tête, reprochent à l'Italie et à la Grèce de ne pas chercher à identifier les nouveaux arrivants, permettant à nombre d'entre eux de poursuivre leur route pour déposer ailleurs leur demande d'asile.

 

Allemagne : Deux nouvelles attaques visant des centres de réfugiés

Deux nouveaux incidents visant des centres de réfugiés ont eu lieu entre mardi et mercredi dans l'est de l'Allemagne, sans faire de blessé, a-t-on indiqué de source policiére.

A Leipzig, en pleine nuit, un «inconnu a lancé un engin incendiaire à travers la fenêtre ouverte d'un bâtiment» vide, qui devait accueillir à partir d’ hier quelque 56 demandeurs d'asile, a indiqué la police locale dans un communiqué.  Par ailleurs, mardi soir, deux hommes se sont introduits, armés d'un couteau, dans un centre d'accueil à Parchim (nord-est), a indiqué la police dans un communiqué. Les deux hommes ont pris la fuite mais ils ont été interpellés.

Ils sont poursuivis pour violation de domicile et infraction à la législation sur les armes.

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