Société

Rentrée scolaire en France : Le «halal» au menu des politiques

Publié par Cherbal E-M. le 06-09-2015, 19h12 | 35
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Objet d’un vif débat en mars dernier, la décision de mettre fin aux repas de substitution dans  les cantines scolaires fait débat de nouveau  en ce début d’année scolaire.

En effet, dans une note d’information diffusée le 31 août dernier, Jean-Paul Beneytou, maire Les Républicains de la petite commune de Chilly-Mazarin d’un peu moins de 20 000 habitants, dans le département de l’Essonne, au sud de Paris, informe les parents d’élèves qu’il a décidé de mettre fin aux repas de substitution, au nom du respect du principe de laïcité de l’école et au motif, explique-t-il, qu’il ne veut plus « différencier la composition des repas en fonction d’un interdit religieux qui relève de la sphère privée et familiale».

Dans cette note mise en ligne sur le site web de la mairie, le maire informe que seuls «les enfants souffrant d’une allergie alimentaire, établie par un certificat médical, pourront se voir accorder des repas spécifiques.»

Il ajoute que «la viande et les légumes d’accompagnement seront servis séparément», lit-on sur le site www.la-croix.com qui fait dire au directeur que « Les élèves qui ne prendront que des légumes recevront un aliment supplémentaire, comme une portion de fromage par exemple, ce qui revient dans les faits à leur proposer un repas végétarien».

La presse française y voit un clin d’œil au député centriste Yves Jego, un temps ministre dans le gouvernement Sarkozy, qui entend présenter prochainement   une proposition  de «menu de substitution végétarien systématique», rapporte la-croix.com.

Interrogé explicitement sur l’idée d’un menu végétarien, le directeur de cabinet du maire fait savoir à ce site que « Ce n’est pas prévu pour le moment, mais nous ne sommes pas fermés à l’idée d’évoluer vers un tel dispositif». 

Inutile de préciser que cette décision prise unilatéralement par le maire, sans référence à son conseil municipal, a suscité une réprobation des parents d’élèves et même de l’opposition municipale.

Sur la prise de décis  sans consultation du conseil municipal, le directeur de cabinet explique qu’il n’y a pas dans ce cas de figure, «obligation de passer par un vote du conseil municipal car le service de restauration scolaire est un service public facultatif».

Maire de Chalon-sur-Saône, dans la région de Bourgogne, Gilles Platret, également affilié au parti Les Républicains, est précurseur en la matière puisque c’est par son entremise que le débat a été initié en mars dernier lorsqu’il avait fait part de sa décision  de mettre fin aux repas de substitution dans sa commune.  

Il avait alors reçu un soutien franc du président du parti, Nicolas Sarkozy, monté au créneau sur un plateau de TF1, pour  d’abord dénoncer les repas de substitution, avant de lancer clairement : «Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l'enseignement privé confessionnel». 

De son côté, le patron des députés UMP à l’assemblée nationale s’est montré moins enthousiaste à l’idée de la suppression des repas de substitution, rappelant que dans la commune de Provins, qu’il dirige, dans le département de Seine et Marne, en région parisienne des menus à base de porc sont proposés, avec «la possibilité d'avoir un menu alternatif», avec en l’occurrence «du blanc de poulet», ajoutant  dans l'émission Questions d'infos LCP-France Info-Le Monde-AFP : «Moi je fais le choix qui est le mien à Provins, et qui restera celui-là».

Intervenant sur cette question, la représentante du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation avait alors indiqué  que le parlement a adopté «un droit à la cantine pour tous, afin de veiller à ce que chaque enfant puisse manger à sa faim», rappelant que «Jusqu'à présent on a su faire preuve de discernement. C'est le seul conseil que je puisse donner».

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