Les cours du pétrole ont de nouveau fléchi mercredi à New York au terme d'une séance très hésitante, sous pression devant l'augmentation des stocks aux Etats-Unis et en dépit des inquiétudes suscitées par les opérations militaires en Syrie.
Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en novembre a cédé 14 cents à 45,09 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), poursuivant son évolution en dents de scie.
Le marché a hésité une bonne partie de la séance, semblant ne pas trop savoir comment réagir aux chiffres du ministère de l'Energie (DoE): lors de la semaine achevée le 25 septembre, les réserves commerciales de brut ont progressé de 4 millions de barils pour atteindre 457,9 millions de barils, alors que les experts interrogés par l'agence Bloomberg s'attendaient à ce qu'elles restent stables.
Mais les marchés s'étaient, semble-t-il, préparés à une hausse plus importante car la fédération professionnelle American Petroleum Institute (API) avait tablé mardi soir sur un gonflement de 4,6 millions de barils. Par conséquent, dans un premier temps, les cours se sont un peu redressés.cPar ailleurs, la production est repartie en baisse, tout comme les stocks de Cushing (Oklahoma, sud) qui servent de référence au WTI.
Au total, «la hausse surprise des stocks de pétrole brut (aux Etats-Unis) n'a pas constitué un réel élément perturbateur», notait Christopher Dembik, analyste chez Saxo Bank.
En revanche, les premières frappes de l'aviation russe mercredi en Syrie, trois jours après des bombardements français, a inquiété, et apporté un peu de soutien aux cours.
«Il semble qu'avec l'accélération de ce qui se passe en Syrie, avec la Russie qui s'implique maintenant, cela génère une prime de risque et une inquiétude sur ce que réserve l'avenir», a déclaré John Kilduff, chez Again Capital.
«Même si le pétrole n'est pas directement concerné les tensions vont monter», a-t-il estimé.
Le marché du pétrole est traditionnellement très sensible à l'activité au Moyen-Orient, et d'autant plus maintenant que l'Irak, voisin de la Syrie, augmente sa production.
Mais les chiffres du DoE recelaient d'autres éléments négatifs, comme le ralentissement de la cadence des raffineries, a noté M. Kilduff.
Enfin l'ouragan Joaquin, actuellement proche des Bahamas et qui devrait remonter en parallèle de la côte Est des Etats-Unis dans les jours à venir, est également suivi de près.
«Cela pèse sur le brut car on s'inquiète que des raffineries de la côte Est puissent devoir fermer pendant quelques jours», a expliqué M. Kilduff.
Les cours du Brent à plus de 49 dollars à Londres
Les prix du pétrole gagnaient du terrain jeudi en cours d'échanges européens, soutenus par un recul de la production américaine et une activité manufacturière meilleure que prévu en Chine.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre valait 49,30 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 94 cents par rapport à la clôture de mercredi.
Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour la même échéance gagnait 1,10 dollar à 46,19 dollars.
La baisse de la production américaine de brut pour la semaine achevée le 25 septembre a bien été accueillie par les marchés pétroliers plombés depuis plus d'un an par une surabondance d'offre, en partie liée au boom du pétrole de schiste américain.
La production américaine de brut s'est affichée en baisse de 40.000 barils par jour (bj), selon des données officielles du département américain de l'Energie (DoE).
Les analystes estiment que les Etats-Unis «étaient déjà entrés dans une phase de déclin de la production de brut d'une année sur l'autre», puisque les estimations hebdomadaires montrent une production américaine à 9,096 millions de barils par jour, «ce qui veut dire que la production actuelle est déjà plus basse que les niveaux d'octobre 2014», expliquent-ils. Les marchés a réagi également aux chiffres un peu meilleurs qu'attendu concernant l'activité manufacturière en Chine, deuxième plus gros consommateur de pétrole au monde, pour le mois de septembre.
Par ailleurs, les marchés surveillaient également la progression de la tempête Joaquin qui pourraient affecter les cours du pétrole en diminuant temporairement la demande de brut car certaines raffineries de la côte est des Etats-Unis seraient poussées à fermer.
Le pétrole monte en Asie
Les cours du pétrole étaient orientés à la hausse jeudi en Asie à la faveur du recul de la production américaine dans un marché toujours marqué par des fondamentaux défavorables.
Le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en novembre prenait 65 cents à 45,74 dollars, dans les échanges électroniques en Asie.
Le baril de Brent, la référence européenne du brut, également pour livraison en novembre, s'appréciait de 43 cents à 48,80 dollars.
Les chiffres hebdomadaires publiés mercredi par le ministère américain de l'Energie (DoE) montrent que la production de brut américain est repartie en baisse, tout comme les stocks de Cushing (Oklahoma, sud) qui servent de référence au WTI.
Parallèlement, les réserves commerciales de brut ont progressé de 4 millions de barils pour atteindre 457,9 millions de barils, mais les marchés s'étaient apparemment préparés à une hausse plus importante.
L'état des stocks est considéré comme un indicateur de la demande chez le plus gros consommateur mondial de brut.
«Les cours restent coincés dans la fourchette de consolidation observée durant au cours du mois écoulé, le WTI évoluant entre 40 et 50 dollars et le
Brent entre 45 et 55 dollars», a relevé Bernard Aw, analyste chez IG Markets à Singapour.
Après avoir chuté pendant l'été à leur plus bas niveau depuis six ans et demi, face à une offre toujours élevée et à des craintes sur la demande chinoise, les cours se sont légèrement redressés pour rester autour de 45 dollars le baril à New York depuis le début septembre, malgré des fluctuations quotidiennes parfois importantes.
«Des signaux mixtes exercent des pressions contradictoires sur les cours, avec la poursuite de la baisse de la production américaine et une production de l'Opep qui dépasse en septembre son quota journalier de 30 millions de barils», a ajouté Bernard Aw.
Les investisseurs ont aussi l'œil rivé sur des indicateurs chinois sur la production manufacturière en Chine, premier consommateur d'énergie au monde, qui doivent être publiés jeudi.
La veille à la clôture, le WTI avait cédé 14 cents à 45,09 dollars sur le New York Mercantile Exchange (Nymex).
A Londres, en revanche, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en novembre avait fini à 48,37 dollars, en hausse de 14 cents, sur l'Intercontinental Exchange (ICE).