Economie

Ouverture à Téhéran du sommet du Forum des pays exportateurs de gaz

Publié par DK News le 24-11-2015, 00h28 | 36
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Le troisième sommet du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG) a ouvert ses travaux hier à Téhéran, avec pour ordre du jour l’évaluation de la situation actuelle du marché gazier international et les perspectives de développement du secteur.

Ayant pour principal thème «le gaz comme combustible propre», ce sommet se tient en présence de chefs d'Etat ou de gouvernement des pays membres dont le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui se trouve, depuis dimanche, dans la capitale iranienne pour représenter le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à cette rencontre.

Les travaux du sommet se déroulent sous la présidence de Hassan Rohani, Président de l'Iran, qui a appelé dans son discours d’ouverture à une plus grande coordination dans les politiques énergétiques des pays membres du Forum en vue d’assurer un développement durable et d’apporter les réponses adéquates aux enjeux climatiques.

Les travaux de cette réunion à haut niveau devraient aboutir à un consensus quant à la nécessité de la mise en place d’une «feuille de route» pour un marché gazier «plus transparent».

Le ministre de l’Energie, Salah Khebri, a déclaré à l'APS que la question des contrats gaziers à long terme est aussi à l'ordre du jour du sommet. M. Khebri a relevé une exigence croissante de la part des pays producteurs de gaz pour adopter les contrats à long terme comme référence fondamentale dans la fixation du prix du gaz naturel. «Seuls les contrats à long terme sont à même de garantir le financement des grands investissements gaziers», a estimé le ministre.

En outre, cette rencontre a la particularité d’avoir lieu quelques jours seulement avant la tenue de la Conférence des Nations unies sur le climat (COP-21) prévue fin novembre à Paris. A cet effet, les questions du gaz comme combustible propre et son importance pour répondre à une demande énergétique importante devraient aussi être évoquées lors du sommet.

C'est dans ce sens que la réunion ministérielle préparatoire du sommet a convenu de transmettre un message aux participants au sommet du COP 21.

D’autre part, le sommet de Téhéran devrait entériner l’adhésion d'autres pays au FPEG, tel l’Azerbaïdjan comme membre observateur, comme une première étape vers une accession totale au Forum créé en 2001 pour défendre les intérêts des pays producteurs. Par ailleurs, l’Iran a souligné l’importance du rôle de l'Algérie au sein du FPEG eu égard à «son expérience internationale» acquise au niveau du marché mondial du gaz.

«L'Iran compte beaucoup sur la participation de l'Algérie à ce sommet et sur sa contribution au renforcement de la coopération et de la concertation pour défendre les intérêts des pays producteurs», a déclaré son ministre de l’Energie, Hamid Tchit-Tchian à la presse, à la veille du sommet. «La participation de l'Algérie au sommet de Téhéran est importante eu égard au rôle de ce pays au sein du Forum et de son expérience internationale en matière d'industrie gazière», a-t-il affirmé.

A noter que la date du Sommet de Téhéran a été annoncée lors de la première réunion du groupe ad hoc de haut niveau pour le troisième Sommet du gaz le 20 mai 2015 au siège du FPEG à Doha (Qatar).

Lors du précédent sommet, tenu en juillet 2013 à Moscou, les pays membres du FPEG avaient mis l’accent sur la nécessité de renforcer la concertation entre pays producteurs pour défendre leurs intérêts dans un marché bouleversé par l'arrivée de nouvelles ressources énergétiques et l'abondance de l'offre. Les membres du Forum avaient aussi souligné leur détermination à défendre le rôle fondamental des contrats de long terme de gaz naturel dans le financement des projets d'infrastructures à grande échelle en amont et en aval de la chaîne  de l'industrie gazière, en prévoyant des solutions mutuellement acceptables pour la sécurité de la demande et de l'offre.

Le FPEG est d'autant plus important qu'il regroupe les pays détenteurs des deux tiers (2/3) des réserves mondiales de gaz, 40 % de la production mondiale de gaz et 60 % des exportations gazières.

Les pays membres de ce Forum contrôlent, en outre, 38% des exportations de cette ressource via des gazoducs et 85% du gaz liquéfié.


Sellal réitère la démarche consensuelle de l'Algérie face à la crise pétrolière

De la tribune du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG), tenu hier à Téhéran, le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, a réitéré l'approche de l'Algérie qui prône le consensus entre les pays producteurs de pétrole face à la tourmente du marché du brut.

«Les acteurs majeurs du marché pétrolier doivent assurément parvenir à s'entendre sur des niveaux de production à même de permettre un redressement durable des prix (du pétrole)», a déclaré M. Sellal dans son allocution prononcée au 3ème sommet du FPEG.

Représentant le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à cette rencontre au sommet, le Premier ministre a avisé qu'un marché pétrolier non régulé «est condamné à des fluctuations extrêmes et dommageables des prix».

Décrivant la chaîne des répercussions de ces fluctuations, il a prévenu qu'elles engendrent «une instabilité qui ne sert ni les intérêts des producteurs, ni ceux des consommateurs ni encore ceux de l'industrie pétrolière dans son ensemble».

Pis encore, cette dégringolade des prix de pétrole, a poursuivi M. Sellal, «s'est répercutée négativement sur les prix du gaz qui ont atteint, aujourd'hui, des niveaux très bas, et cette situation nous interpelle».

Cet appel au dialogue réaffirmé par M. Sellal lors de ce sommet, qui regroupe des pays gaziers figurant également parmi les producteurs de pétrole Opep et hors Opep, entre dans le cadre de la démarche initiée par le Chef de l'Etat dès le début de l'année en cours, pour renforcer le dialogue et la concertation entre l'ensemble des pays pétroliers.

Le Chef de l'Etat avait alors dépêché des émissaires dans des pays producteurs de pétrole dans cette démarche à la recherche d'un consensus.

Ces messages avaient été transmis à l'Arabie Saoudite, Russie,  Oman, Azerbaïdjan, Kazakhstan, Mexique, Colombie ainsi qu'aux pays membres de l'Association des producteurs de pétrole africains (APPA) qui sont le Nigeria, le Gabon, l'Angola, le Congo et la Guinée équatoriale.

Confrontés à la dégringolade des prix du pétrole à l'instar des autres pays exportateurs, l'Algérie et le Venezuela s'étaient concertés, à la faveur de la visite en janvier dernier à Alger du président vénézuélien, Nicolas Maduro, afin de trouver un consensus au sein des pays Opep et non-Opep pour un redressement des cours du brut.  La visite effectuée, il y a quelques mois à Alger, par le ministre  norvégien des Affaires étrangères, Borge Brende, dont le pays est parmi les plus gros pays producteurs de pétrole en se classant 14ème producteur mondial de brut et 7ème exportateur mondial, avait, aussi, été l'occasion de voir les possibilités de renforcer la cohésion entre les pays exportateurs en vue de trouver une solution commune à la situation délicate traversée par le marché pétrolier.

La recherche d'un consensus pour équilibrer le marché

Ce consensus recherché par l'Algérie est d'autant plus important que deux thèses s'affrontent non seulement entre les pays producteurs de pétrole mais aussi au sein même de l'Opep.

Pour les uns, l'Opep doit cesser d'intervenir pour réguler le marché et le laisser se stabiliser de lui-même.

L'argument des tenants de cette thèse, et à leur tête l'Arabie saoudite, est l'inutilité de réduire la production Opep puisqu'une éventuelle diminution volontaire de son niveau d'extraction pétrolière sera rapidement et aisément compensée par les producteurs non Opep.

Pour l'Arabie saoudite, il n'est pas question d'abandonner les précieuses parts de marché face à une surabondance de l'offre induite également par les non-Opep.

Mais pour d'autres producteurs Opep, cette organisation pétrolière doit intervenir pour corriger les déséquilibres, en procédant à une coupe de sa production afin de faire remonter les prix et défendre les revenus de ses pays membres.

Basée sur le dialogue et la concertation entre tous les pays concernés, l'approche de l'Algérie vise, en fait, à trouver les moyens adéquats pour le rétablissement de l'équilibre du marché dans l'intérêt de toutes les parties à même de rétablir les prix pétroliers à un niveau équitable et rémunérateur.

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