Monde

Crise libyenne : Soutien unanime au nouveau représentant spécial du SG de l'ONU

Publié par DK News le 02-12-2015, 21h52 | 30
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Les représentants du Niger, de la Tunisie et du Tchad ont souligné mardi à Alger, l'urgence de parvenir à une «solution politique» dans ce pays, réitérant par la même occasion leur soutien au nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler.

Lors la 7ème réunion ministérielle ordinaire des pays voisins de la Libye, la ministre des Affaires étrangères, de la coopération de l'Intégration africaine et des Nigériens à l'extérieur, Aichatou Boulama Kané, a indiqué qu'il «est plus urgent de trouver une solution (...) à la situation chaotique» qui règne en Libye, considérant qu'elle constitue «un terreau sur lequel prospèrent tous les groupes maffieux».

Elle a estimé, dans ce sens, que l’insécurité transfrontalière est une source d'inquiétudes» aux pays voisins de la Libye lequel, avec l'aide de la communauté internationale, devrait prendre «les mesures qui s'imposent».

Mme Boulama Kané a salué, par ailleurs, les efforts de l'Algérie pour le rétablissement de la paix et la sécurité dans la région.

Pour sa part, le ministre d'Etat tunisien, chargé des Affaires africaines et arabes, Touhami Labdouni, a appelé les parties libyennes à «interagir» politiquement pour parvenir à un accord, réitérant le soutien de son pays à M. Kobler.

M. Labdouni a réaffirmé la position de son pays consistant à rejeter toute intervention militaire en Libye pour préserver l'intégrité territoriale du pays et l'unité de son peuple. Il a appelé également, à la conclusion dans «les plus brefs délais» d'un accord, affirmant refuser la division de la Libye. Le ministre des Affaires étrangères du Tchad, Moussa Faki Mahamat, a salué les efforts de médiation au niveau des pays voisins, appelant à ce que «le schéma de solution doit être le plus réaliste possible».

M. Faki a notamment rappelé les efforts déployés par la communauté internationale réaffirmant, le soutien du Tchad au nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies. Par ailleurs, le ministre des Affaires étrangères libyen, Mohamed Bayri a appelé à l'«intensification et à l'unification des efforts» pour faire face aux activités criminelles dans la région, exprimant sa conviction qu'une telle mission «ardue» nécessite de «grands moyens».

«Il faut faire face à ces dangers par la coopération bilatérale, régionale et internationale», a-t-il dit, appelant la communauté internationale à mettre en place une «stratégie commune» et à apporter son appui aux institutions et à l'armée de son pays.


Le moment «est crucial» pour trouver une solution à la crise libyenne

Le nouveau représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Libye, Martin Kobler, a souligné mardi à Alger, que le moment «est crucial» pour trouver une solution à la crise libyenne.

«Pour la Libye, le facteur essentiel, c’est le temps», a déclaré M. Kobler devant les participants à la 7ème réunion des pays voisins de la Libye, dont l’objectif est de permettre aux pays voisins et aux représentants des organisations régionales et internationales de s'informer mutuellement de la situation dans ce pays et dans la région et d'analyser des derniers développements.

Constatant que la situation en Libye «ne cesse de se détériorer», M. Kobler a, toutefois, noté qu’il était «rassuré par la volonté des Libyens de dépasser la crise», qui sévit dans le pays depuis la chute du régime de Maâmmar El-Gueddafi.

Il a également noté que les efforts pour une résolution politique de la crise libyenne prennent la «bonne voie» pour «la formation d’un gouvernement de consensus national».

Le diplomate allemand, Martin Kobler, qui a succédé à l'espagnol Bernardino Leon, a rappelé les dernières consultations qu'il avait menées en Libye avec les deux parties antagonistes: le Parlement de Tobrouk (Est), reconnu par la communauté internationale, et le Congrès général national (CGN, basé à Tripoli).

«Lors de mes dernières consultations, j'ai souligné que les textes de l’accord ne doivent pas être changés», a-t-il indiqué.

«J’ai souligné également que le travail de la médiation onusienne se fait dans le cadre de l’impartialité, de la souveraineté, de l’unité et de l’indépendance de la Libye», a-t-il encore dit.

En s’adressant aux représentants des pays voisins de la Libye, M. Kobler a affirmé: «vos conseils seront essentiels pour les efforts de l’ONU», ajoutant que l’»accord politique et la formation d'un gouvernement de consensus national en Libye ont besoin du soutien de tout le monde».

Aux yeux de l'émissaire onusien, la stabilité régionale se base sur trois piliers, à savoir «la paix, la sécurité et la prospérité». La région, a-t-il affirmé dans le même contexte, fait face aujourd'hui à plusieurs enjeux, et «seule la coopération régionale pourra apporter des solutions.»

Concernant la situation humanitaire en Libye, l’envoyé du secrétaire général de l'ONU pour la Libye, a annoncé qu’»un nouveau plan de soutien humanitaire sera mis en place dans les prochains jours». La 7e réunion des pays voisins de la Libye, s'est tenue avec la participation de M. Kobler, de représentant libyens et de pays concernés (Algérie, Egypte, Soudan, Niger, Tchad et Tunisie), en plus de l'Union africaine, de la Ligue arabe et de l'Union européenne. Elle constitue également un prolongement à la réunion de N'Djamena tenue en juin dernier.

En proie au chaos depuis la chute du régime de Maâmmar El-Gueddafi en 2011, la Libye est livrée aux milices et compte deux pouvoirs rivaux, avec un Parlement basé dans la capitale Tripoli aux mains d'une coalition de milices, Fajr Libya, et un autre à Tobrouk (est), reconnu par la communauté internationale.


L'UE et l'UA soulignent l'urgence de la conclusion «rapide» d'un accord «solide» et «inclusif» en Libye

L'Union européenne (UE) et l'Union africaine (UA) ont souligné mardi à Alger l'urgence de la conclusion «rapide» d'un accord «solide» et «inclusif» en Libye pour le rétablissement de la stabilité et de la prospérité dans ce pays. «Nous appuyons tous les efforts pour la conclusion rapide d'un accord solide et inclusif pour rétablir la paix, la stabilité et la prospérité dans ce pays», a déclaré le représentant de l'Union européenne (UE), Bernard Welscot lors la 7ème réunion ministérielle ordinaire des pays voisins de la Libye.

Il a ajouté que l'UE était également le voisin de la Libye, donc aussi «vulnérable» par rapport à la menace terroriste, soulignant que «nous sommes préoccupés par la situation actuelle de la Libye, car elle a un grand impact sur la région».

M. Welscot a affirmé, dans ce sillage, que la conclusion d'un accord politique était entre «les mains des Libyens» pour restaurer la paix et la stabilité, soulignant qu'il revenait aux pays voisins et à la communauté internationale de les assister dans leur processus de dialogue politique. De son côté, le représentant de l'Union africaine pour la Libye, Moundhir Rezgui a indiqué que la situation actuelle en Libye était «des plus difficile», représentant, a-t-il ajouté, ainsi une «sérieuse» menace pour la stabilité de toute la région.

«Ce pays connait une crise des plus dures de son histoire et il est urgent pour les pays voisins et au représentant onusien d'unir leurs efforts pour relancer le processus de dialogue politique pour parvenir à la paix et à la stabilité dans ce pays», a-t-il soutenu.

Les travaux de la 7ème réunion ministérielle ordinaire des pays voisins de la Libye qui ont débuté, mardi après midi à Alger, dans le cadre des efforts visant à parvenir à un règlement politique à la crise qui secoue ce pays, se poursuivent à huis clos et seront sanctionnés par un communiqué final.

Cette rencontre intervient dans le prolongement de celle tenue à N'Djamena (Tchad) en juin dernier, avec la participation de l'ensemble des pays voisins de la Libye (Algérie, Egypte, Soudan, Niger, Tchad et Tunisie), en plus de l'Union africaine, de la Ligue arabe et de l'UE.


La Ligue arabe réaffirme son «ferme» soutien au projet de règlement politique en Libye sous l'égide de l'ONU

Le secrétaire général adjoint de la Ligue arabe, Ahmed Benhelli a réaffirmé mardi à Alger le «ferme» soutien de la Ligue arabe au projet de règlement politique à la crise libyenne sous l'égide des Nations Unies, assurant que les pays voisins de la Libye «constituent le cercle le plus proche» des Libyens, d'où la responsabilité pour eux d'intensifier les efforts pour une sortie de la crise conformément au projet onusien. Intervenant lors des travaux de la 7e réunion ministérielle ordinaire des pays voisins de la Libye à Alger, M. Benhelli a estimé que la «solution politique était la seule issue pour mettre un terme à la crise et traiter tous ses aspects» réaffirmant le «ferme» soutien de la ligue arabe au projet de solution politique sous l'égide des Nations Unies.

L'occasion était pour M. Benhelli de réaffirmer le soutien de la Ligue arabe aux efforts de l'ONU et son nouveau représentant spécial pour la Libye, Martin Kobler.

La Libye, a-t-il précisé, «constitue un facteur de stabilité dans la région du Maghreb, dans le monde arabe, en Afrique et en Méditerranée».

M. Benhelli a en outre appelé à saisir cette occasion pour parachever les démarches nécessaires à même d'aboutir à un accord politique, résultat de longs processus de dialogue. Il a dans la même occasion, salué l'Algérie et son Président Abdelaziz Bouteflika, pour avoir abrité cette réunion, rappelant que ce groupe (Pays voisins de la Libye) a été crée depuis mai 2014 à l'initiative de l'Algérie, en coordination avec le reste des pays voisins, pour développer une vision régionale et un cadre idoine de concertation sur «les bonnes voies susceptibles de régler le conflit libyen «.

Il a, dans le même cadre, rappelé la position de la Ligue arabe qui consiste en «un engagement total à respecter l'unité territoriale et populaire de la Libye, à préserver sa souveraineté et son indépendance politique et à respecter ce qui à été convenu dans le cadre de la Ligue concernant le gouvernement légitime représenté au sein de la Ligue arabe».

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