La problématique du foncier, sa disponibilité et les dispositifs d'attribution, ont focalisé les débats animés lors d’un atelier sur l’industrie dans le cadre des assises nationales sur l’aménagement du territoire lundi à Alger.
Représentants d’institutions publiques, chercheurs et universitaires ont axé leurs interventions lors de cette première journée des assises sur l’évaluation de dispositifs publics liés au foncier et de la proposition de suggestions susceptibles d’enrichir les conclusions finales de cet atelier qui a pour thème «l’industrie, l’entreprise et l’environnement des affaires au service de la croissance économique». S’ils étaient unanimes sur le fait que ces dispositifs ont contribué à satisfaire une bonne partie de la demande exprimée par les opérateurs économiques en matière de disponibilité de terrains pour exercer leurs activités, plusieurs intervenants ayant pris la parole ont, toutefois, mis l’accent sur la nécessité d’optimiser la gestion de ces espaces pour améliorer la réponse des pouvoirs publics à la demande exprimée par ces opérateurs, notamment les jeunes porteurs de projets. Selon des explications fournies par le directeur du foncier au ministère de l’Industrie et des Mines, Kheireddine Medjoubi, ce sont les petites et moyennes entreprises (PME) qui représentent actuellement le plus gros de la demande en foncier, une demande dont une bonne partie pourrait être absorbée dans le cadre des facilitations récentes contenues dans la loi de finances complémentaire 2015.
Une attention particulière a été accordée, dans ce sens, au développement de zones et espaces industriels dans les Hauts-Plateaux et le Sud, a noté M.Medjoubi.
A titre d’exemple, quelque 400 hectares dans la wilaya de Tamanrasset sont à leur phase finale d’aménagement et devraient être prochainement mis à la disposition des investisseurs, a-t-il indiqué. Cependant, plusieurs de ces espaces demeurent toujours dans l’attente d’investisseurs qui préfèrent s’installer sur l’étroite bande littorale au nord du pays, alors que certaines zones sont implantées à l’intérieur de périmètres urbains, rendant très difficile l’extension de ces zone en plus des problèmes de pollution, de risques industriels et de nuisances sonores pour la population, ont soulevé plusieurs intervenants, pour la plupart des chercheurs. En réaction à ces préoccupations, le représentant du ministère de l’Industrie a souligné que la préférence pour les régions littorales n’est pas un phénomène propre à l’Algérie, ajoutant que cette situation pourrait être traitée par les mesures décidées récemment en plus des incitations fiscales accordées aux investisseurs installés à l’intérieur du pays.
D’autre part, un ancien cadre du ministère des Finances a suggéré de redéfinir le déploiement spatial du secteur industriel public et privé et d’intégrer cette redéfinition dans le schéma national d’aménagement de territoire à l’horizon 2030 (SNAT) actuellement en cours d’élaboration.
Privilégier l’émergence de pôles industriels régionaux sur la base de secteurs d’activité constitue le principal axe proposé par cet intervenant qui a avancé l’exemple de la région Sétif-Bordj Bou Arérij-M’sila dans l’industrie électronique ou encore l’Oranie pour développer la mécanique autour de l’usine Renault Algérie.
Les travaux de cet atelier se sont achevés hier avec l’adoption de recommandations qui présentées le même jour lors de la séance de clôture des assises.