La consommation des ménages russes, plombée par la crise, a encore baissé en novembre, tandis que le taux de chômage a augmenté, selon des statistiques publiées jeudi au moment où la rechute des cours du pétrole fait craindre une nouvelle récession l'année prochaine.
D'après le service fédéral des statistiques Rosstat, les ventes de détail ont reculé de 13,1% par rapport au même mois de 2014, contre 11,7% en octobre qui était déjà le pire mois pour la consommation depuis le début du siècle.
Cette aggravation de la tendance est cependant à relativiser : l'accélération de la chute du rouble en novembre 2014 avait poussé les Russes à une frénésie d'achats de crainte d'une flambée des prix, ce qui rend la comparaison défavorable.
Les statistiques confirment les inquiétudes de la population puisque le taux annuel d'inflation s'est établi à 15% en novembre.
Les salaires réels des ménages, plombés par l'inflation, ont par conséquent reculé de 9% sur un an en novembre contre 10,9% au mois précédent.
Les ménages subissent les effets de la crise causée depuis le début de l'année par l'effondrement des cours du pétrole, qui représente avec le gaz plus de la moitié des recettes du budget, et les sanctions économiques occidentales.
Autre signe inquiétant : le taux de chômage, resté exceptionnellement bas toute cette année, a nettement augmenté pour le deuxième mois de suite.
A 5,8% de la population active, il reste cependant à un niveau de quasi plein emploi.
Ces statistiques montrent que la reprise a ralenti le mois dernier, soit avant la rechute récente des cours du pétrole, ont commenté des analystes.
La chute du PIB sur 2015 a été évaluée à 3,7% jeudi par le président Vladimir Poutine, qui a insisté sur les «signes de stabilisation» récents mais a averti que la Russie devait se préparer à «tous les scénarios» vu le faible niveau des cours du pétrole.
Le gouvernement prévoit une croissance de 0,7% l'an prochain mais cette prévision repose sur un baril à 50 dollars contre 37 dollars jeudi à Londres.