Le décès de l’icône de la glorieuse Révolution du 1er novembre 1954, Hocine Ait Ahmed, a suscité des réactions diverses de la part des personnalités nationales, politiques et historiques ainsi que de la part d’organisations nationales et internationales de même que des personnalités étrangères. Une reconnaissance et un hommage à la hauteur d’un des héros ayant déclenché la Révolution de novembre.
Hocine Ait Ahmed fait partie des neuf chefs Historiques de la Révolution, fondateurs du Front de libération nationale (FLN), ayant pris la décision de déclencher la lutte armée contre le colonialisme français le 1er Novembre 1954.
Les hommages et les nombreuses marques de sympathie parviennent de partout, dénotant ainsi de la grandeur de l’homme. Les nouvelles générations ont découvert en cette douloureuse circonstance la valeur de cet Historique dont le parcours demeurera unique. Un homme qui était en avance sur son temps du fait des idéaux qu’il défendait.
Le secrétaire général du parti du Front de libération national (FLN), Amar Saadani ainsi que le président de l'Association du MALG (ministère de l'armement et des liaisons générales) Daho Ould Kablia ont non seulement rendu hommage à ce grand homme mais ils ont aussi exprimé leurs regrets de ne pas voir un hommage similaire rendu à Ait Ahmed de son vivant.
En ce sens, le FLN dont il était un des cadres-dirigeants au temps de la Révolution et le MALG ont eu cette honnêteté de reconnaitre que Ait Ahmed était marginalisé en son temps. Il faut relever que le père fondateur du Front des forces socialistes (FFS) n’était pas le seul à souffrir de cette marginalisation.
Ceux qui avaient fait la Révolution et tenu tête au colonialisme français ont connu les mêmes revers au lendemain de l’indépendance.
Il s’agit notamment de Ferhat Abbes qui a été le premier président Algérien au temps du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Il s’agit aussi des Khider, Bentobal, Krim, Abbane, Boudiaf… et la liste est loin d’être exhaustive. Autant de personnalités ayant marqué la Révolution et l’Histoire du pays mais qui étaient mise à l’écart à l’indépendance.
Du fait de cette triste réalité il est fallacieux de pleurer aujourd’hui Ait-Ahmed. Il serait plus judicieux de regretter de ne pas avoir profité de son savoir-faire, son charisme, son aura et son sens de responsabilité. Un homme qui aurait pu donner à l’Algérie ce plus dont elle avait besoin. Un homme qui aurait pu être un grand homme d’Etat, pour reprendre les propos de l’ex-membre du Haut comité de ‘Etat (HCE), Ali Haroun.
Il en est de même pour les autres Historiques, morts avec cette flamme de nationalistes et trahis par une conjoncture ou des circonstances qui les ont écartés du Pouvoir. Les nouvelles générations s’en mordent certainement les doigts en découvrant la stature de Hocine Ait Ahmed qui aura été un grand et irrécupérable gâchis pour l’Algérie indépendante. Un Historique qui n’appartient pas à la Kabylie mais plutôt un homme universel dont les nouvelles générations doivent être fières.
Kamel Cherif