Un homme, qui a tenté jeudi d'entrer avec un couteau dans un commissariat du 18e arrondissement de Paris, a été abattu par des policiers, au moment dans la matinée le président François Hollande présentait, à la préfecture de police, ses vœux aux forces de sécurité.
Alors que le pays redoute de nouveaux attentats terroristes et les services de sécurité sont sur le qui-vive, à la faveur de l’état d’urgence, un homme, dont son identité n’a pas encore été déclinée, se dirigeait avec un couteau et un faux gilet explosif vers la porte d’entrée du commissariat de la rue de la Goutte d'or, pour "agresser un policier à l’accueil", a indiqué le ministère de l’Intérieur. "Un homme a tenté jeudi matin d'agresser un policier à l'accueil du commissariat avant d'être atteint par des tirs de riposte des policiers", a expliqué à l’AFP le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Pierre-Henry Brandet.
L'homme portait sous son manteau une pochette scotchée d'où sortait un fil, mais le "dispositif ne contient pas d'explosifs", a précisé de son côté une source judiciaire qui ne parle pas pour le moment s’il s’agit d’un acte terroriste ou pas. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour "tentative d'assassinat sur personne dépositaire de l'autorité publique" et saisi la Brigade criminelle de la police judiciaire parisienne de l'enquête. La section antiterroriste du parquet de Paris n'a pas été saisie à ce stade mais suit les événements et la situation peut évoluer, a encore précisé la source judiciaire.
Suite à l’incident, qui a replongé les Parisiens dans la peur après les attentats de novembre dernier, le quartier a été bouclé, la circulation interrompue sur le boulevard Barbès et deux lignes de métro ont été suspendues.
Pendant toute la matinée les gyrophares des voitures de police retentissaient à nouveau, presque deux mois après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts, et une année, jour pour jour, des attentats contre Charlie Hebdo.
Les élèves d'une école maternelle et d'une école primaire, situées dans la rue ont été "confinés" dans leur établissement "par mesure de précaution", a indiqué l'académie de Paris.
Dans la matinée, François Hollande a affirmé à la préfecture de police de Paris que les perquisitions administratives opérées dans le cadre de l'état d'urgence avaient «mis au jour 25 infractions en lien direct avec le terrorisme».
La mise en œuvre de l'état d'urgence "a permis d'effectuer des perquisitions administratives qui ont mis au jour 25 infractions en lien direct avec le terrorisme (et) donné lieu à la saisie de 400 armes dont 40 de guerre", a-t-il indiqué, lors de ses vœux aux forces de sécurité.
Il a rappelé que toute agression d'un policier, d'un gendarme ou d'un sapeur-pompier n'était "pas seulement" un acte de délinquance mais une "atteinte à la République". Selon un sondage réalisé le 5 et 6 janvier pour la chaîne BFMTV, diffusé mercredi, une majorité de Français (53%) pense que le gouvernement met en œuvre "tous les moyens nécessaires" pour lutter contre le terrorisme, mais ils sont nombreux à considérer que ces mesures ne sont "pas efficaces".