Ce «plan d'action», qui comprend deux volets, sera présenté par le vice-président de la Commission, le Letton Valdis Dombrovskis, aux 28 membres, réunis mardi à Strasbourg (est de la France).
Le premier a pour objectif d'assécher les sources de financement: «C'est une opération très compliquée car il faut agir en dehors de l'Union européenne (UE) sur des sujets comme le commerce illicite de pétrole, le vol des banques, les enlèvements et les prises d'otage, le trafic d'oeuvres d'art», a déclaré le vice-président de la Commission européenne, le Néerlandais Frans Timmermans, dans un entretien au quotidien Les Echos paru mardi.
«De nouvelles mesures sur le commerce illicite des biens culturels seront également prises», a-t-il indiqué.L'autre pilier a pour cible les transactions «afin que l'argent n'arrive pas dans les poches des terroristes».Dans le collimateur de la Commission européenne: les cartes prépayées, les monnaies virtuelles, qui se veulent une alternative aux cartes de paiement classiques, notamment pour ceux qui n'ont pas de compte en banque.
Les cartes prépayées permettent de retirer du liquide dans les distributeurs, de faire des achats en magasin ou en ligne, comme des cartes bancaires classique.Mais à la différence de ces dernières, elles ne sont pas nominatives.
Quant aux monnaies virtuelles --telles que le bitcoin-- elles permettent de réaliser des transactions transnationales en dehors de tout contrôle des autorités financières ou des services de renseignement, en préservant l'anonymat des différentes parties.La Commission propose donc de réduire les seuils d'anonymat.
Le «plan d'action» de l'UE survient dans un contexte plus global de lutte contre l'organisation terroriste autoproclamée «Etat islamique» (EI/Daech).Ainsi le 17 décembre dernier, le Conseil de sécurité de l'ONU avait adopté à l'unanimité une résolution ayant pour but de frapper les terroristes au portefeuille en tarissant leurs sources de financement.
La résolution, mise au point par Washington et Moscou, demande aux pays «d'agir de manière énergique et décisive pour couper les fonds et autres ressources économiques» de l'EI/Daech, dont surtout le pétrole, et pour sanctionner «de manière plus active» les soutiens financiers du groupe.
La résolution de l'ONU constitue «un support juridique» pour que les pays prennent leurs dispositions.
La communauté internationale doit ensuite vérifier que chaque Etat applique les mêmes mesures.
«Il nous faut avoir une réponse très précise juridiquement et nous assurer que nous trouvons un juste équilibre avec la garantie des droits fondamentaux au sein de l'UE», a estimé M.
Timmermans.
Les chefs d'Etat des principaux pays du monde ont demandé au Groupe d'action financière (Gafi), un organisme intergouvernemental à qui revient la mission de surveillance, d'étudier les progrès réalisés dans la lutte contre le financement du terrorisme et de remettre un rapport au G20 début 2016.