Ankara propose à Washington de mener ensemble une opération spéciale contre les terroristes en Syrie, mais sans une milice kurde, a indiqué le chef de la diplomatie turque.
«Ce dont nous parlons avec les Américains, c'est de la fermeture de la poche de Manjib dès que possible (...) et de l'ouverture d'un second front», a déclaré Mevlüt Cavusoglu, qui faisait référence à une zone tenue par le groupe terroriste autoproclamé «Etat islamique» (EI/Daech) dans la province d'Alep (nord de la Syrie).
«Si nous joignons nos forces, ils (les Américains) ont leurs propres forces spéciales et nous avons nos forces spéciales», a dit samedi M. Cavusoglu a un petit groupe de journalistes, dont l'AFP, à Antalya (sud de la Turquie).
«Nous disons +d'accord, il faut ouvrir un second front, mais pas avec le PYD+», a-t-il poursuivi, en référence à l'aile politique des Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde que les Etats-Unis appuient dans le nord de la Syrie.
Autre point soulevé par M. Cavusoglu, la livraison promise par les Etats-Unis d'ici fin mai de batteries antimissiles à la Turquie, dont une ville frontalière de la Syrie, Kilis, a été ensanglantée par plusieurs tirs de roquettes de l'EI.La livraison ne devrait finalement intervenir qu'au mois d'août, a-t-il indiqué, déplorant le fait que «les Etats-Unis ne tiennent malheureusement pas leur promesse».