Le Maroc a été débouté jeudi par la justice française dans l’affaire du boxeur marocain Zakaria Moumni qui avait porté plainte en France pour torture contre le patron du contre-espionnage marocain.
Une affaire, rappelle-t-on, qui avait causé une brouille diplomatique entre Paris et Rabat.
Le tribunal correctionnel de Paris, qui a déclaré «irrecevable» la plainte en diffamation du Maroc contre le boxeur Zakaria Moumni, a estimé que le royaume, ne pouvant «être assimilé à un particulier», ne devait poursuivre en diffamation au titre de l'article 32 de la loi du 29 juillet 1881 qui «réprime la diffamation publique commise envers les particuliers».
Plusieurs plaintes ont été déposées mettant en cause le patron du contre-espionnage marocain (DGST) Abdellatif Hammouchi. Zakaria Moumni, médaille d'or du championnat mondial amateur de kickboxing en 1999, avait affirmé sur les chaînes de télévision française avoir été «enlevé, séquestré et torturé» au Maroc, mettant en cause Abdellatif Hammouchi.
Le défenseur du boxeur, Patrick Baudoin, s'est félicité de «l'effet boomerang de la plainte du Maroc», soulignant qu’au Maroc, «il est de notoriété publique que la torture est pratiquée».
Pour sa part, au sortir de l’audience, le boxeur marocain a réaffirmé ses propos contre la torture au Maroc. «J'ai vu Hammouchi dans la salle de tortures. Je dis juste ce que j'ai subi dans le centre de tortures de Témara, à deux kilomètres de la résidence officielle du roi», a-t-il dit aux journalistes.