Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a exhorté lundi les gouvernements syrien et russe ainsi que les groupes rebelles à faire preuve de retenue dans leurs combats, sans grand espoir d'une sortie de crise.
M. Kerry, co-artisan avec le Russe Sergueï Lavrov d'une quête d'une solution diplomatique au conflit syrien, a d'ailleurs implicitement reconnu l'échec du projet de transition politique qui avait été fixée au 1er août.
«Il est évidemment essentiel que la Russie se maîtrise et freine le régime (du président Bachar al) Assad dans leurs attaques, tout comme il est de notre responsabilité d'obtenir de l'opposition qu'elle évite de s'engager dans ses opérations», a indiqué M. Kerry lors d'une conférence de presse.
Il a exprimé ses «grandes inquiétudes pour ce qui se déroule sur le terrain» à Alep, la grande ville du nord de la Syrie où des rebelles et leurs alliés cherchent à desserrer le siège total imposé depuis le 17 juillet par les forces syriennes.
Les Etats-Unis continuent de «tenter de faire en sorte (...) qu'on arrête la violence», a assuré M. Kerry.
Washington et Moscou co-président le Groupe international de soutien à la Syrie (GISS), qui rassemble une vingtaine de pays et s'est donné en novembre 2015 à Vienne une feuille de route pour la paix, entérinée en décembre par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU.
Un organe de transition politique était prévu ce 1er août, ainsi qu'une Constitution et des élections d'ici mi-2017. En février, le GISS avait aussi arraché un accord de cessation des hostilités mais qui a volé en éclats.
John Kerry a reconnu implicitement l'échec de ce processus.«Entre le moment où cette date (du 1er août) a été annoncée et aujourd'hui, quasiment tout le temps a été consumé pour essayer d'instaurer une cessation des hostilités qui soit significative», a déploré le secrétaire d'Etat.