Le ministre des Finances, président du conseil des ministres arabes des Finances, Karim Djoudi, a appelé mardi à Tunis, tous les pays arabes à procéder à la rationalisation et à la réforme des systèmes d'aides de l'Etat afin de mieux cibler les catégories vulnérables.
A l'ouverture de la 5e session ordinaire du conseil des ministres arabes des Finances, M. Djoudi a recommandé aux pays de la région la «rationalisation de l'action à travers des formules de subvention plus performantes afin de cibler les catégories nécessiteuses et de remédier à certains dysfonctionnements structurels avec l'objectif d'améliorer l'efficacité en matière de distribution des ressources et de renforcer la rigueur financière».
Il a souligné que la plupart des systèmes d'aides de l'Etat dans les pays arabes n'étaient plus en mesure de réaliser les résultats escomptés concernant la protection des catégories à faible revenu, déplorant qu'une partie importante de cette aide touche des catégories à revenu élevé.
M. Djoudi a proposé l'adoption de nouveaux mécanismes d'aides qui tiennent compte des spécificités de chaque pays en sus de leur mise en exécution progressive afin de garantir le succès de cette réforme qu'il a qualifié de «nécessité impérieuse», déplorant l'«inefficacité de certaines expériences suivies en la matière».
Dans les pays arabes, une part importante de cette aide gouvernementale est puisée dans les ressources financières ce qui a valu à la région une classification parmi les plus grands ensembles géographiques dans le monde à appliquer cette subvention notamment en ce qui a trait à l'aide énergétique, a-t-il encore souligné.
Par ailleurs, le ministre des Finances a appelé ses homologues arabes à ne pas négliger les retombées de la «crise financière mondiale sur les économies de leurs pays respectifs», ajoutant que celle-ci demeurait «latente».
Il a insisté également sur l'importance de prendre en considération l'impact des chocs successifs générés par la hausse des prix des produits alimentaires sur les marchés mondiaux d'autant plus que, a-t-il dit, la majorité de ces pays comptent de manière significative sur ces marchés pour satisfaire leurs besoins en produits alimentaires.
Ces défis exigent davantage d'efforts dans la région arabe dont la consolidation du processus de réforme économique et financière de manière à soutenir les équilibres financiers et la stabilité, à réaliser la croissance économique globale et durable, à générer des emplois productifs et à améliorer la compétitivité, a-t-il encore fait remarquer.
Enfin, le ministre des Finances a indiqué que la réforme économique dans les pays arabes est désormais «impérative» même si sa nature restait différente d'un pays à un autre du fait des spécificités propres à l'économie de chacun et de ses priorités.
La 5e session du conseil des ministres arabes des Finances se penchera sur l'expérience de certains pays arabes en matière de traitement des questions liées à la subvention des prix, le bilan de la précédente session présidée par le ministre tunisien et le mémorandum sur les questions à soumettre au Fonds monétaire international (FMI) et Banque mondiale (BM).