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Sahara Occidental-Maroc : «Le peuple sahraoui a juridiquement le droit de jouir de l'autodétermination»...

Publié par DKNews le 22-10-2016, 17h36 | 88
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«Le peuple sahraoui a juridiquement le droit de jouir de l’autodétermination», a souligné l’enseignante universitaire espagnole ,Teressa Vincente, lors d’une rencontre sur le droit des peuples à l’autodétermination et la situation des droits de l’homme dans les territoires occupés» organisée par la faculté de droit de Murcie (Espagne).

Au cours de cette rencontre qui a clôturé les journées culturelles et de solidarité de la région de Murcie avec le peuple sahraoui, l’intervenante a expliqué au détail la théorie de l’autodétermination dans le droit international dans ses aspects juridique, politique et son application au cas du Sahara occidental, soulignant que le peuple sahraoui a parfaitement selon le droit international, «le droit de de jouir d’un référendum d’autodétermination pour décider de son avenir».

Dans ce cadre, a-t-elle précisé, «l’assemblée générale des Nations unies avait crée un comité spécial de la décolonisation» signalant au passage «le rôle consultatif de la cour internationale de justice, le principe de l’inviolabilité des frontières héritées du colonialisme outre les conséquences juridiques de l’acceptation de la république arabe sahraouie dans l’OUA, actuellement Union africaine».

Teressa Vincente qui est professeur du droit international à l’université de Murcie a également signalé dans sa communication, «les tentatives marocaines visant à opérer des changements dans la nature démographique des territoires sahraouis occupés en y installant des milliers de colons».

L’oratrice a dans ce cadre rappelé toutes les conventions, les accords et les résolutions internationales relatives au statut juridique des territoires sous occupation étrangère et le droit des peuples à l’autodétermination et la responsabilité des Nations unies «d’aider les peuples à obtenir leur indépendance».

La conférencière a par ailleurs rappelé «le droit inaliénable des peuples à la souveraineté sur leurs ressources naturelles» considérant que «ce droit relève aussi du droit à l’autodétermination des peuples».

Lui succédant, le président de l’association de solidarité de Murcie avec le peuple sahraoui, Juan Jo, a souligné que la cause du peuple sahraoui bénéficie d’un «soutien très large dans la province de Murcie» et cela à travers les diverses actions de solidarité et d’aide et notamment par l’engagement des centaines de familles espagnoles dans le programme d’accueil des enfants sahraouis dans le cadre du programme «vacances de paix».

Ce responsable a par ailleurs appelé, durant cette rencontre, à laquelle ont assisté de nombreux étudiants en droit, des représentants d’associations espagnoles amies avec le peuple sahraoui, des responsables du Front Polisario dans la région de Murcie et des universitaires «les autorités espagnoles à assumer leurs responsabilités envers l’ancienne colonie en achevant le processus de décolonisation dans le Sahara occidental».

Pour sa part, le militant sahraoui des droits de l’homme, Hasna Aalia, s’est étalé sur les violations systématiques des droits de l’homme dans les territoires occupés commises par l’occupant marocain, soulignant que la «Minurso est la seule mission onusienne qui ne dispose pas dans ses prérogatives de la surveillance des droits de l’homme».

Il a en outre témoigné de la violence utilisée par les forces d'occupation marocaines dans la dispersion des manifestants dans le camp de Gdeim Izik et toutes sortes de crimes, d’arrestations abusives accomplies par les forces marocaines.

Dans ce cadre, le militant sahraoui a appelé l’ONU, les pays occidentaux et tous les défenseurs des droits de l’homme de par le monde à «exercer une pression sur le Maroc afin qu’il libère les prisonniers de Gdeim Izik et tous les prisonniers politiques en sus de la protection de la population civile sahraouie de toutes les formes de torture et de crimes commis par les forces marocaines».

Cette manifestation de solidarité avec la cause sahraouie organisée conjointement par les universités de Murcie et de Cartagena et à laquelle ont pris part de nombreuses personnalités politiques espagnoles de la province de Murcie, des universitaires, des militants des droits de l’homme ainsi que des étudiants et des représentants du Front Polisario a permis de faire découvrir à l’opinion estudiantine espagnole ainsi qu’aux citoyens de cette région, la dure situation que vit le peuple sahraoui depuis plus de 40 ans d’occupation.

De nombreuses personnalités politiques et responsables ont réitéré leur soutien indéfectible à cette cause juste à l’instar de la maire de Molina Seguro qui avait dénoncé la situation déplorable des droits de l’homme dans les villes occupées du Sahara occidental.

Elle avait aussi demandé à la communauté internationale et aux responsables espagnols d’adopter «des positions fermes pour l’application des résolutions onusiennes relatives à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental».

La représentante du Front Polisario en Espagne, Khira Bulahi, avait également souligné lors de cette manifestation que l’organisation d’un référendum d’autodétermination est la seule solution du conflit du Sahara occidental.


...L’ère du colonialisme «doit finir»

L’Association des amis de la République arabe sahraouie démocratique (AARASD) a estimé samedi à Paris que l’ère du colonialisme «doit finir» au Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc depuis 1975.

Réagissant à l’expulsion jeudi de l’une de ses membres du Maroc, Claude Mangin, qui s’était déplacée pour rendre visite à son mari, le militant sahraoui des droits de l’homme, Naâma Asfari, détenu politique, l’association française a affirmé, dans un communiqué, que pour la France, qui soutient le Maroc devant la communauté internationale, il est «indispensable» d’exiger de lui «qu’il respecte le droit des gens, le droit d’une épouse (française) à voir son mari, et le droit de prisonniers condamnés il y a si longtemps sans preuve à être libérés quand leur procès est cassé».

«Mais tout cela ne sera vraiment possible que le jour où le peuple sahraoui pourra choisir librement son destin, la France le sait bien qui a prévu, de l’autre côté de la planète, un référendum d’autodétermination en Nouvelle Calédonie avant fin 2018. Ce qui est valable là-bas l’est au Sahara occidental : l’ère du colonialisme, marocain ou français, doit finir», a-t-elle soutenu.
Revenant sur l’expulsion par les autorités marocaines de Claude Mangin-Asfari, l’AARASD s’est interrogé :

«Qu’a-t-elle fait pour mériter pareille humiliation, pareille atteinte à ses droits d’épouse, puisqu’elle venait, comme de coutume depuis 6 ans à l’occasion de congés, rendre visite à son mari au parloir de la prison ? Ce n’est certes pas la première fois que le régime marocain marque son mépris pour le droit des gens».

«Un camp de protestation pacifique de 8000 tentes et 15000 à 20000 Sahraouis, réclamant l’application de leurs droits sociaux, économiques et culturels, et celle de leur droit à l’autodétermination, a été élevé à Gdeim Izik, près d’El Ayoun (capitale du Sahara occidental) en octobre 2010 et s’y est maintenu pendant près d’un mois, d’octobre à novembre», a-t-elle rappelé, indiquant que le régime marocain, qui occupe illégalement le territoire depuis 1976, a démantèle le campement par la force le matin du 8 novembre 2010. Des échauffourées ont lieu ensuite, il y aura 11 victimes, parmi lesquels 9 militaires marocains».

«24 civils Sahraouis sont arrêtés, dont Naâma Asfari, accusés semble-t-il des meurtres : le régime marocain les incarcère à 1200 km de là, hors du territoire sahraoui, très loin de leurs familles et de leurs possibles avocats», a-t-elle ajouté.

Inscrit depuis 1966 sur la liste des territoires non-autonomes et donc éligible à l'application de la résolution 1514 de l'Assemblée générale de l'ONU portant déclaration sur l'octroi de l'indépendance aux pays et peuples coloniaux, le Sahara occidental est la dernière colonie en Afrique, occupée depuis 1975 par le Maroc, soutenu par la France.

Plusieurs rounds de négociations entre les parties en conflit, le Maroc et le Front Polisario, ont été organisés sous l’égide de l’ONU. Ils buttent sur la position de blocage de la partie marocaine relative à l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui.

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