Une année après les attentats de Paris et de Saint-Denis, qui avaient fait 130 morts et plusieurs centaines de blessés, la France vit toujours sous la psychose de la menace terroriste et redoute le retour sur son sol des terroristes de Syrie et d'Irak.
Malgré les gros efforts consentis en matière de lutte antiterroriste, en renforçant les dispositifs juridiques, de renseignement et de riposte, la menace pèse toujours sur le gouvernement français qui ne cache pas que le pays reste sous une "haute" menace, notamment depuis l'attentat de Nice, le 14 juillet dernier qui a fait 86 morts et plus de 400 blessés, au moment où les cicatrices des attentats de 2015 (Charlie Hebdo, l'Hyper Cacher en janvier et, Bataclan et Saint-Denis en novembre) semblaient se refermer.
Après l'unité nationale qui s'était formée après les attentats du 13 novembre 2015, l'attentat de Nice a suscité de réactions virulentes contre l'Etat, jugé "incapable" d'assurer la sécurité des Français.
La scène politico-médiatique a fait d'ailleurs de la menace terroriste et de la lutte antiterroriste un sujet quotidien, allant jusqu'à "instrumentaliser", selon des observateurs, cette thématique dans la perspective de l'élection présidentielle de mai prochain. Selon ces observateurs, avec cette menace, la société française se trouve dans une situation "inédite" depuis la Seconde Guerre mondiale.
Pour contrecarrer cette menace diffuse, le gouvernement a musclé tous les dispositifs de lutte contre le terrorisme, au même moment où il mène, à l'extérieur, avec des alliés occidentaux, des attaques en Syrie et en Irak contre l'organisation terroriste autoproclamée "Etat islamique" (Daech/EI).
Etat d'urgence, lois antiterroristes, renforcement et redéploiement des forces de sécurité, réorganisation des services de renseignement, contrôle des transactions financières douteuses, surveillance des sites Internet des organisations terroristes, surveillance accrue des individus radicaux sur son sol et coopération dense avec d'autres pays, dont l'Algérie, qui ont acquis une expérience sure dans la lutte antiterroriste.
Lutte antiterroriste : l'expérience algérienne relevée
C'est dans ce cadre que le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a affirmé jeudi dernier, à l'issue d'une réunion de travail avec le ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Noureddine Bedoui, que la France et l'Algérie ont un "attachement commun" pour réussir la lutte antiterroriste, soulignant le "très bon niveau" de coopération des deux pays. "Dans la guerre contre le terrorisme, notre arsenal pénal est complet", a estimé en octobre denier le président François Hollande en réponse à la droite qui demande l'ouverture des centres de rétention pour les individus fichés S (pour "sûreté de l'Etat"), et la mise en place d'un parquet national antiterroriste.
Depuis l'instauration de l'état d'urgence, au lendemain des attentats du 13 novembre, prolongé plusieurs fois, plus de 4.000 perquisitions administratives ont eu lieu et 95 assignations à résidence sont toujours en vigueur, selon un bilan rendu public lundi dernier par le ministre de l'Intérieur.
Ces perquisitions ont permis la saisie de près de 600 armes à feu, "dont 77 armes de guerre", a-t-on précisé de même source, ajoutant que près de 500 interpellations ont été réalisées, qui ont donné lieu à 426 gardes à vue. "Depuis le début de l'année 2015, près de 80 arrêtés d'expulsion ont été pris contre des ressortissants étrangers liés à la mouvance djihadiste, notamment des prêcheurs de haine", a-t-on précisé.
Cependant, cette situation a généré un climat tendu, "parfois malsain", selon des observateurs, au sein de la population française, ciblant les membres de la communauté musulmane et cultivant l'amalgame entre l'islam et le terrorisme, malgré les affirmations et les explications données par les représentants du culte musulman. Sur le plan économique, la France a été lourdement touchée dans le tourisme, un secteur qui fonctionnait toujours bien. Une baisse des recettes touristiques a contraint le gouvernement à présenter de nouvelles mesures pour faire revenir les touristes, dans une situation où le pays connait des difficultés économiques.
La France a perdu, en une année, pas mois de deux millions de touristes.Les arrivées internationales entre le 1er janvier et le 31 octobre ont chuté de 8,1%, selon les données du gouvernement et le manque à gagner dépassera, selon les professionnels, le milliard d'euros en 2016.