L'inflation en Grande-Bretagne a ralenti plus que prévu en octobre 2016, pour se stabiliser à 0,9% sur un an, alors que les experts avaient prévu une hausse de 1,1%,
a indiqué hier un rapport de l'Office britannique des statistiques nationales (ONS). L’Office souligne que l'inflation britannique a ralenti un peu en octobre, mais devrait reprendre un rythme plus accéléré en raison de la chute de la valeur de la livre, qui devrait conduire à la la hausse des prix à la consommation l'avenir.
En septembre, l'inflation avait atteint 1%, son plus haut niveau depuis novembre 2014, après une stabilité des prix tout au long de l’année 2015.
Mais en octobre, les prix des produits à la consommation ont augmenté moins vite que l'an dernier à la même période, certains ont même baissé, est-il relevé.
L'ONS a toutefois expliqué que les prix à la production dans les entreprises manufacturières britanniques avaient grimpé de 2,1% en octobre sur un an, contre seulement 1,3% en septembre.
Cette augmentation est due notamment à une hausse de 12,2% des prix des matériaux et carburants utilisés par les firmes.
La hausse des tarifs des produits importés a contribué pour plus de moitié à cette augmentation, note l'ONS, évoquant le rebond des cours du pétrole mais aussi la chute de la livre sterling.
Commentant ces taux, des experts cités par les médias à Londres, ont estimé que même si les prix à la consommation ont ralenti le mois dernier, les données sur les prix à la production montrent qu'il y a une véritable bombe à retardement pour les consommateurs britanniques qui doivent se préparer à des hausses des prix.
Ils pensent que la stabilité des prix à la consommation en octobre ne signifie aucunement qu'il n'y a plus de rapport entre l'inflation et le niveau de la livre sterling, qui avait atteint, début octobre, ses plus bas niveaux depuis mars 1985 face au dollar et depuis mars 2009 face à l'euro. En octobre, la livre a chuté d'environ 16% par rapport au dollar et d'environ 11% par rapport à l'euro, depuis Juin.
Les experts attribuent le ralentissement de l'inflation à des facteurs exceptionnels, et prévoient que la dépréciation de la livre dopera l'inflation de façon remarquable, qui atteindra, voire dépassera les 3% d'ici à la fin de l'année prochaine.
A noter que les compagnies d'électricité et de gaz ont déjà annoncé une augmentation de leurs tarifs.
Dans son rapport trimestriel sur l'inflation publié début novembre, la Banque d'Angleterre avait revu à la hausse les prix à la consommation.
L’année dernière, l’inflation britannique était à zéro, soit, à son plus bas niveau depuis 1950.
L'ONS a annoncé qu’à partir de mars 2017, il révisera les critères de mesure de l’inflation pour y inclure le coût de possession d'un bien immobilier.