Au 18e jour de la campagne pour la présidentielle du 17 avril, les six candidats ou leurs représentants continuaient mercredi de meubler leurs sorties publiques de sujets très variés pouvant intéresser leurs auditoires, alors que le problème des «irrégularités» commence à s'imposer dans le débat et que la préparation du vote à l'étranger touche à sa fin, le tout sous le regard vigilant des premiers observateurs internationaux.
Les différents meetings se sont déroulés sans incident sauf à Metlili (Ghardaia) où des échauffourées sans gravité entre des groupes de jeunes citoyens et le service d'ordre ont été signalés à la suite d'un rassemblement populaire animé par Abdelmalek Sellal, directeur de campagne du candidat indépendant Abdelaziz Bouteflika.
Selon des journalistes, ces affrontements ont été provoqués par des citoyens venus exprimer leur mécontentement de voir que des «promesses» d'emploi faites par M. Sellal alors qu'il était Premier ministre tardent à se réaliser.
Sur les «irrégularités» ayant émaillé le déroulement de la campagne électorale, la palme des dénonciations est revenue au candidat Moussa Touati, qui a pointé du doigt «l'argent sale» qu'aurait utilisé un candidat (qu'il ne citera pas nommément) pour financer sa campagne, mais aussi «l'affichage anarchique».
S'exprimant dans différents médias, lors d'un meeting ou encore en recevant des observateurs européens, M. Touati a démenti, à l'occasion, l'intention qu'on lui a prêtée de se retirer de la course électorale pour la simple raison que la loi l'interdit à tout candidat qui s'y engage et que lui-même milite précisément pour l'instauration d'un Etat de droit respectueux des règlements et des lois.
Dans un bilan rendu public hier mardi, la Commission nationale de supervision de l'élection présidentielle (CNSEL) avait indiqué avoir réceptionné 123 recours relatif surtout à «l'affichage anarchique» (98 cas), mais aussi à des cas de parti pris de l'administration, à des écrits de presse et à des faits d'ordre pénal tel que les incidents de Béjaïa samedi dernier.
De son côté, la commission nationale indépendante de surveillance de l'élection présidentielle (CNISEL) a admis implicitement l'existence de problèmes et a appelé les parties concernées par le scrutin à se conformer aux règles régissant la campagne électorale et à s'écarter de tout agissement de nature à compromettre le bon déroulement du processus.
Pour leur part, les premiers observateurs internationaux présents à Alger, à une semaine du début du scrutin, se disent satisfaits des conditions de préparation de l'élection, en attendant d'autres «évaluations techniques».