Dans le monde, moins de 100ápersonnes possèdent autant de richesses que les 3,5 milliards d’êtres humains les plus pauvres réunis, a affirmé jeudi le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim.
Lors de sa conférence de presse tenue à la veille de la réunion de printemps du FMI et de la BM prévues du 11 au 13 avril à Washington, M. Kim a avisé qu'il ne serait pas facile d’atteindre l'objectif consistant à mettre fin à l’extrême pauvreté à l’horizon 2030 et à stimuler une prospérité partagée même si le nombre de pauvres a relativement baissé.En 2014, environ un milliard d’êtres humains vivent dans une pauvreté absolue contre 1,2 milliard en 2010, a-t-il fait savoir.
Pour mettre un terme à l’extrême pauvreté d’ici 2030, selon lui, la masse des plus défavorisés, c'est-à-dire ceux qui gagnent moins de 1,25 dollar par jour, devra diminuer de 50 millions de personnes chaque année.
Autrement dit, pour que l'objectif puisse être atteint, il faudra que 1million de personnes échappent à la pauvreté chaque semaine pendant les 16 prochaines années, a-t-il avancé.Par ailleurs, il a relevé que la croissance économique avait fortement contribué à réduire l’extrême pauvreté et à améliorer les conditions de vie de beaucoup de pauvres.
Toutefois, l’accélération du passage d’un grand nombre d’êtres humains de la pauvreté à la prospérité exige une croissance économique qui profite à tous, crée des emplois et aide directement les plus démunis, a préconisé le patron de la BM.«Les risques pesant à court terme sur l’économie mondiale s’étant atténués, ce sont les perspectives à moyen terme qui nous préoccupent de plus en plus», a-t-il poursuivi.
A ce propos, il a fait part des craintes d'un ralentissement du rythme des réformes durant cette période d’après-crise.«Il est essentiel de se concentrer à nouveau de toute urgence sur les programmes de réformes structurelles», a-t-il insisté, en prévenant qu'un revers, même modeste, peut avoir pour effet de maintenir dans le dénuement des millions de familles qui auraient pu en sortir.
Concernant les capacités de financement de la BM pour aider les pays à lutter contre la pauvreté, il a fait savoir que durant les dix prochaines années, les capacités annuelles de son institution devraient passer d’un montant situé entre 45 et 50 milliards de dollars à plus de 70 milliards de dollars.