Le Parlement polonais a adopté définitivement mardi soir la loi sur les rassemblements publics, introduisant des restrictions dénoncées par l'opposition comme antidémocratiques.
Le nouveau texte introduit notamment la notion de «rassemblement périodique» pour une manifestation organisée à plusieurs reprises au même endroit et à la même date. Ce type de manifestation sera désormais prioritaire par rapport à d'autres initiatives sociales ou politiques, selon des médias.
Ces dernières pourront se dérouler dans un endroit distant d'au moins 100 mètres du rassemblement périodique. Selon le parti au pouvoir Droit et Justice (PiS), la nouvelle loi permettra d'assurer la sécurité des participants à tous les rassemblements, autrement dit d'empêcher des heurts éventuels.
Selon l'opposition, ces régulations permettront au pouvoir d'empêcher un «dialogue de rue», limitant ainsi la liberté d'expression, et ne sont destinées qu'à garantir au PiS la possibilité d'organiser, dans le calme, une fois par mois, les commémorations du crash de Smolensk du 10 décembre 2010, dans lequel sont morts 96 personnes, dont le président polonais Lech Kaczynski, frère jumeau du président du parti au pouvoir.
Le texte adopté ne privilégie cependant plus les manifestations organisées par les organes de l'Etat et les organisations religieuses au détriment des initiatives citoyennes, comme le prévoyait son projet initial.
L'opposition et des défenseurs des droits de l'homme ont critiqué le texte qui, selon eux, restreint les libertés fondamentales. Jusqu'à présent, le premier organisateur annonçant un rassemblement en un lieu et à une date donnés état prioritaire par rapport à ceux arrivant après lui.