Le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, Tayeb Belaïz, a indiqué hier que la campagne électorale pour l'élection présidentielle de demain jeudi s'est déroulée dans l'ensemble dans de «bonnes conditions», regrettant toutefois les «quelques cas de violence» enregistrés durant cette même campagne.
«Dans la campagne électorale d'une élection aussi importante et avec autant de charge émotionnelle que l'élection présidentielle, il était prévisible qu'il y ait certains dépassements qui ont d'ailleurs été largement rapportés par la presse, ce qui n'a pas perturbé la campagne électorale qui s'est déroulée, dans l'ensemble, dans de bonnes conditions», a noté le ministre dans un entretien à l'APS. «Toutefois, tout comme la majorité des Algériens, je déplore et je regrette, les quelques cas où il y a eu recours à la violence», a-t-il martelé.
En réponse à ceux qui accusent l'administration de fraude avant même la tenue de l'élection, M. Belaïz a affirmé que ces gens «nous mettent devant une logique paradoxale qui voudrait que l'élection soit honnête dans le cas où ils seraient victorieux et qu'il y aurait forcément fraude en cas de leur défaite».
«Cette logique est antidémocratique, voire même immorale. Car, dans la pratique démocratique, le vaincu se doit de féliciter le vainqueur et ce dernier doit rendre hommage au vaincu», a-t-il affirmé.
Le ministre a rappelé que le principe même des élections démocratiques, au-delà du fait évident qu'il y ait un vainqueur et un vaincu, «réside dans le fait que l’Etat et la société en sortent vainqueurs», soulignant que les élections représentaient, de ce fait, «le seul et l'unique moyen pour que la paix, la stabilité et la sécurité soient sauvegardées et consolidées».
«Mais au-delà de tout cela, l'essentiel à retenir de cette campagne électorale, c'est que l'ensemble des candidats et leurs représentants ont pu s'exprimer pleinement et en toute liberté, durant trois semaines et sur l'ensemble du territoire national et ils ont eu la possibilité d'exposer, aux citoyennes et citoyens, leur vision politique et les programmes qu'ils ambitionnent pour l'Algérie s'ils venaient à être élus», a estimé M. Belaïz. Par ailleurs, le ministre a souligné que les espaces qui ont été réservés par l'administration ont tous été prêts «en temps voulu» pour recevoir les candidats et leurs représentants ainsi que les citoyens qui ont assisté à leurs meetings.
Concernant la participation des citoyens aux différents meetings, M. Belaïz a noté que la campagne électorale, qui a pris fin dimanche dernier à minuit, avait démarré de façon «timide» la première semaine pour devenir «plus active» à partir de la deuxième semaine.
Il a également rappelé que l’administration avait mis, à titre gracieux, à la disposition des six candidats, 3 250 espaces répartis en 1 868 salles, 799 stades et 583 places publiques, ajoutant que des commissions ad-hoc ont inspecté systématiquement ces lieux afin d'assurer le bon déroulement des meetings.
Le ministère de l'Intérieur dément les allégations sur l'interdiction aux chaînes privées de couvrir le scrutin
Le ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales a démenti «catégoriquement» hier avoir interdit aux chaînes de télévision privées de couvrir le processus dans les bureaux de vote jeudi 17 avril.
«Certains organes de presse ont publié une information attribuée au ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, faisant état qu'il aurait déclaré, à la fin d'une rencontre tenue avec une délégation des observateurs internationaux reçue dans le cadre de l'élection présidentielle du 17 avril, que les chaînes de télévisions privées «seront interdites de couvrir l'opération électorale à partir des bureaux de vote», indique un communiqué du ministère.
«Le ministère de l'Intérieur dément de façon catégorique ces allégations et souligne que le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales n'a jamais fait la moindre déclaration pour la simple raison qu'il n'a reçu aucune délégation d'observateurs internationaux à cette date», souligne le communiqué. «Il convient de porter à la conaissance de l'opinion publique que ces observateurs ne seront reçus que mardi après-midi», ajoute le communiqué.
Le ministère «regrette la propagation de telles rumeurs tendancieuses visant à perturber le bon déroulement du processus électoral dont la réussite exige la contribution de toutes les parties afin de permettre à notre peuple d'accomplir son devoir électoral dans la transparence la plus totale» ajoute le communiqué.
Le ministère saisit l'occasion pour assurer que « le ministre d'Etat, ministre de l'Intérieur et des Collectivités locales, contrairement à ces rumeurs tendancieuses, encourage vivement le travail des chaînes de télévision privées agréées en toute liberté et valorise le rôle appréciable qu'elles jouent sur la scène médiatique nationale».
«Le ministère invite l'ensemble des chaînes de télévision privées agréées à assurer une couverture objective du déroulement de l'opération électorale due 17 avril 2014 notamment le dépouillement», conclut le communiqué.