Les participants à un colloque sur les Ulémas de la région de Zouaoua (Kabylie) ont insisté, samedi à Tizi Ouzou, sur la nécessité de «dépoussiérer» et de «vulgariser» les travaux de ces hommes de culte pour «prémunir les générations futures de la manipulation et de l’obscurantisme».
Intervenant à l’ouverture des travaux de cette rencontre abritée par le musé régional du Moudjahid de Tizi-Ouzou, Abderrahmane Mostefaoui, responsable de la coordination locale des zaouïas, organisatrice de cette rencontre, a relevé à ce titre que «la religion ne doit pas être dissociée de la Science», car, a-t-il argumenté, «l’enseignement de l’un doit aller de paire avec l’enseignement de l’autre afin de préserver les générations des courants obscurantistes».
Le secrétaire général de wilaya, Zineddine Tibourtine, a souligné, pour sa part, la contribution des zaouïas de la wilaya de Tizi-Ouzou --qui en compte 18 au total fondée entre le 7ème et le 8ème siècle de l’hégire--, dans la diffusion du savoir cultuel et scientifique et leur implication dans le combat contre le colonialisme français, et dans la préservation de l’unité nationale et de l’identité algérienne.
«Ces institutions étaient, en outre, le ciment de la société, où elle intervenait pour régler des conflits grâce au dialogue et en prônant la réconciliation et le pardon», a-t-il dit.
Intervenants et conférenciers ont mis en exergue durant ce colloque, qui s’est intéressé exclusivement aux Ulémas de Tigzirt et d’Iflisen Levhar, la contribution de ces derniers à l’enrichissement de la civilisation musulmane dans les siècles derniers et qui se dévoile à travers les travaux, dans plusieurs sciences (économiques, sociales, mathématiques, linguistiques à) de nombreuses personnalités religieuses de cette région maritime de la wilaya de Tizi-Ouzou.
Les zaouïas face au défi de la modernisation
Après avoir tant donné à la société, avant, durant et après la période coloniale, et à la civilisation musulmane, les zaouïas de la wilaya de Tizi-Ouzou, «ont aujourd’hui du mal à susciter l’intérêt de la population locale», se sont inquiétés des participants rencontré par l’APS, en marge du colloque organisé sous le haut patronage du ministre des Affaires religieuses et des Waqfs.
A ce propos, l’inspecteur central au ministère des Affaires religieuses et des Waqfs, Saib Mohand Ouidir, a indiqué à l’APS que pour redevenir attractives et encourager les parents à y envoyer leurs enfants, les zaouïas «doivent engager une modernisation de leurs programmes et méthodologies d’enseignement pour les rendre plus efficaces».
«Le lancement de classes préscolaires en plus de l’enseignement du Coran, permettant à l’enfant d’acquérir des connaissances dans certains domaines (langue, calculsà), d'être préparé à se lancer dans le cursus scolaire, et l’organisation de cours de soutien pour aider les élèves à améliorer leur niveau, pourrait convaincre les parents de l’utilité d’y envoyer leurs enfants», a-t-il soutenu.
Aujourd’hui, a ajouté M. Saib, «il est attendu des zaouïas de la région des Zouaoua, bastion de la préservation de l’identité nationale, de jouer un rôle principal dans l’avenir de cette région, en faisant revivre ces lieux de rayonnement du Savoir et des valeurs spirituelles de l’Islam, basées sur la paix, la tolérance et la quête continuelle du Savoir», a-t-il soutenu.
Lors du colloque, qui est le premier d’une série d’autres rencontres visant à faire connaître les hommes de culte de la Kabylie, les intervenants ont lancé un appel aux chercheurs pour se pencher sur les travaux des ces Ulémas afin de les faire sortir de l'oubli et de transmettre leur savoir à la jeune génération pour qu’elle puisse s'en abreuver et pour qu'elle soit fière de ses ancêtres, s’y identifie et s’y réfère».