Le nouveau président de la Confédération africaine de football (CAF), le Malgache Ahmad Ahmad, a assuré qu'il s'érigera «contre l'interférence politique» dans le football du continent, vendredi dans un entretien en marge d'une visite à Johannesburg.
«Déjà j'ai un programme, c'est un premier changement. Il y aura des changements au niveau de la gestion administrative et financière car la CAF n'est plus aux standards.
Elle manque de transparence, sa gouvernance est mauvaise car il y a des interférences dans le processus de décision. Tout ça va s'arrêter très vite. Vous jugerez la différence.», a indiqué Ahmad Ahmad dans un entretien accordé à l'AFP. Concernant la suspension du Mali de toutes compétitions internationales pour ingérence politique, le nouveau patron de l'instance africaine s'est montré «intransigeant» en refusant catégoriquement «l'interférence gouvernementale».
«Je vais être tranchant: on ne peut pas se permettre d'accepter ce genre d'interférences car ça nuit au développement du football dans la région. Il faut protéger le football. J'ai vécu ça dans ma carrière de président de fédération : un chef d'Etat s'est immiscé pour annuler mon élection mais j'ai tenu tête. Je serai un président de la CAF qui suivra surtout le développement du football pour discuter avec les gouvernements.
On ne peut pas développer le football en Afrique sans les gouvernements mais on ne peut pas accepter l'interférence gouvernementale. Car l'objectif c'est pas seulement la performance, c'est aussi l'éducation de la jeunesse africaine à travers le football.» Le président de la CAF a annoncé qu'il allait ouvrir un débat concernant l'organisation de la Coupe d'Afrique des Nations en été ou en hiver.
«Mes premiers gestes seront d'écouter les gens et d'ouvrir le débat de manière officielle. Tout ce qui touche à la CAN est une priorité pour nous.
On doit évoluer. Il faudra prendre une décision qui sera bonne pour la confédération, pas juste ce qui arrange son comité exécutif.» Il a également appelé à promouvoir le football chez les jeunes et de ne pas se contenter d'une meilleure représentativité au Mondial 2026 ou l'Afrique va avoir 9 places.
«Il y a la loi du nombre, c'est sûr. Mais on parle beaucoup du Mondial seniors, alors qu'on oublie le Mondial des jeunes où l'Afrique excelle. Il faut qu'on revoie le développement du football en Afrique pour comprendre pourquoi on peut gagner des titres chez les jeunes et pourquoi ça s'arrête au niveau des quarts en senior», a-t-il conclu.