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Mali : L’ONU prévient des risques induits par une insécurité résiduelle dans le nord du pays...

Publié par Dknews le 24-04-2014, 18h32 | 31
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Le Représentant spécial du secrétaire général de l'ONU pour le Mali,  Koenders, a relevé mercredi devant le Conseil de sécurité, les progrès réalisés par le Mali vers un retour à la paix, mais tout en mettant en garde contre les risques que pose une insécurité résiduelle, mais persistante, dans le Nord malien.

Dans sa présentation du nouveau rapport du Secrétaire général de l'ONU sur les activités de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), M. Koenders s’est félicité de la mise en place de la nouvelle Assemblée nationale, du rétablissement progressif de l’administration publique dans les régions du Nord, ainsi que de la formation d’un nouveau gouvernement, qui donnent, a-t-il indiqué, un nouvel élan au processus de paix en cours.

Priorité à un dialogue politique inclusif
Mais pour le Représentant spécial, l'engagement d'un dialogue politique inclusif reste «la première priorité» et doit impérativement démarrer dans les meilleurs délais et sur la base d'une date acceptée par les parties, relevant l'urgence d'une «feuille de route consensuelle» qui doit se traduire en actions concrètes de la part du gouvernement, de la société civile, avec le soutien et l'accompagnement des Nations unies et de la communauté internationale.

Jugeant essentielle la participation de tous les secteurs de la société malienne aux efforts en cours, M. Koenders a toutefois déploré «le manque de cohérence et le refus de certains mouvements armés de saisir l’occasion offerte par les discussions informelles en cours, en particulier, dans le nord du pays».

Par ailleurs, il a soutenu que le soutien de l’Union africaine (UA), de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) et de l’Union européenne (UE) a été déterminant jusqu’à présent dans la réalisation des progrès au Mali et qu’il reste, en conséquence, « indispensable».

Aussi, il a affirmé que la mise en œuvre d’un accord de paix final et l’efficacité des dépenses de développement «sont directement liées et illustrent le lien étroit existant entre développement et sécurité» au Mali.

C'est dans ce sens qu'il a plaidé également pour l’inscription des efforts en cours dans le cadre plus vaste de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Ne pas sous-estimer les risques et les difficultés  à venir

Pour le Représentant spécial, un tel soutien est d’autant plus important à la lumière de l’insécurité persistante dans le nord du Mali, comme le montrent, a-t-il précisé, des tirs de mortiers à Gao, à Tombouctou et à Kidal, l’intensification des actes terroristes, principalement imputables à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et au Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), et la multiplication des violences meurtrières entre communautés touarègues et peules.

Selon lui, «il y a des signes d'espoir qui montrent que le Mali surmonte sa crise multiforme, mais nous ne devons pas, toutefois, sous-estimer les risques et les difficultés à venir».

Présent également à cette réunion du Conseil de sécurité, le ministre des Affaires étrangères du Mali, M.    Abdoulaye Diop, a affirmé que toute solution durable à l’insécurité dans le Nord malien passait par un dialogue politique inclusif ouvrant la voie au rétablissement de l’ordre public, à l’accès égal de tous les Maliens aux services de base et à la réconciliation intercommunautaire.

Dans ce contexte, a fait remarquer le chef de la diplomatie malienne, le renforcement de l’assistance des pays, partenaires et donateurs demeure vital,notamment la mise à disposition de troupes en nombre suffisant et d’hélicoptère de combat et de transport militaire pour permettre à la Minusma de s’acquitter pleinement de son mandat.

Se disant conscient, lui aussi, de l’importance d’aligner les efforts déployés au Mali sur la Stratégie intégrée de l’ONU pour le Sahel, le ministre a annoncé que son pays présentera, très prochainement, une feuille de route visant, notamment, à maintenir l’attention sur les défis importants auxquels la région est confrontée et à se doter des priorités communes pour les initiatives à prendre au niveau régional.

....le meneur du coup d'Etat de 2012 inculpé de «complicité d'assassinat»


Le meneur du coup d'Etat militaire de mars 2012 ayant plongé le Mali dans le chaos, Amadou Sanogo, déjà accusé de «complicité d'enlèvement», a été inculpé de «complicité d'assassinat», ont indiqué hier des sources judiciaires. Incarcéré depuis fin 2013, le général Sanogo, qui a été entendu en début de semaine pour la première fois sur le fond du dossier, a été cette fois-ci officiellement inculpé de  «complicité d'assassinat», a déclaré Me Tiessolo Konaré, un des avocats du chef de l'ex-junte malienne.

«Le juge d'instruction Yaya Karembé a longuement entendu le général Amadou Sanogo. Il y a désormais une nouvelle inculpation pour +complicité d'assassinat+ dans l'affaire des militaires Bérets rouges (des soldats opposés au putsch) retrouvés mortsdans des charniers près de Bamako», a confirmé un proche du juge Karembé, cité par l'AFP.

Selon le code pénal malien, un prévenu inculpé de «complicité d'assassinat» risque la peine de mort. Depuis novembre 2013, M. Sanogo et une vingtaine de ses proches ont été inculpés et incarcérés pour «complicités d'enlèvement, enlèvement et assassinats» dans le cadre d'une enquête sur la disparition de «Bérets rouges».

Et depuis début décembre 2013, près d'une trentaine de corps soupçonnés être ceux de militaires disparus ont été retrouvés dans différents charniers près de Kati, ville-garnison à 15 km de Bamako, qui fut le quartier général de Sanogo et de ses hommes.

Dans les mois qui ont suivi le coup d'Etat, Sanogo et ses hommes ont été accusés de nombreuses violences à l'encontre de «Bérets rouges» ainsi que contre des hommes politiques, des journalistes et des membres de la société civile.

Le coup d'Etat du 22 mars 2012 a précipité la chute du nord du Mali aux mains de groupes armés. Ces derniers ont été en partie chassés par une intervention militaire internationale lancée à l'initiative de la France le 11 janvier 2013, toujours en cours.

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