La chancelière allemande Angela Merkel a exprimé «sa grande inquiétude» face à la situation en Ukraine, lors d'une conversation téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, au cours de laquelle elle a souligné l'importance du dialogue pour résoudre la crise.
La chancelière «a exprimé, lors de cette conversation téléphonique, sa grande inquiétude à propos de la situation tendue dans l'est de l'Ukraine et a dit attendre du gouvernement russe qu'il manifeste clairement son approbatio de l'accord de Genève et qu'il travaille à sa mise en œuvre», a indiqué vendredi le porte-parole du gouvernement allemand, Steffen Seibert.
«L'évolution dans l'est de l'Ukraine est sérieuse, inquiétante. Ce qui s'est passé depuis Genève est absolument décevant, tout particulièrement du côté russe, nous ne pouvons constater aucun progrès», a déclaré M. Seibert. Du côté ukrainien, le gouvernement «s'est apparemment mis au travail», a-t-il ajouté.
Interrogé sur d'éventuelles nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, qui devaient faire l'objet d'une conférence téléphonique dans la journée entre le président américain Barack Obama et des responsables européens, dont Mme Merkel, M. Seibert n'a rien exclu.
«Des sanctions sont déjà mises en œuvre, mais on doit regarder les faits. Au cas où rien ne change, il est important d'être prêts à d'autres, tout en cherchant à maintenir le dialogue et à chercher à saisir toute possibilité de solution politique, et en aidant l'Ukraine et ses citoyens»,a-t-il déclaré.«La Russie devrait publiquement clairement montrer qu'elle soutient totalement la déclaration de Genève et devrait exiger des groupes armées pro-russes en Ukraine qu'ils se comportent de façon pacifique et déposent les armes», a continué M. Seibert.
L'accord de Genève signé le 17 avril entre les Etats-Unis, l'Union européenne,la Russie et l'Ukraine, prévoit notamment le désarmement des groupes illégaux et l'évacuation des bâtiments occupés, aussi bien de la part des pro-occidentaux à Kiev que des séparatistes dans l'Est. Washington et Moscou s'accusent mutuellement de ne pas faire appliquer l'accord, alors que la tension est montée sur le terrain.
150 soldats américains en Lettonie
Une compagnie de 150 hommes de la 173e brigade aéroportée de l'armée américaine est arrivée en Lettonie où elle a été accueillie vendredi à la base d'Adazi, à 20 km de Riga, a indiqué la Première ministre lettone, Mme Laimdota Straujuma.Les soldats américains y seront stationnés au moins jusqu'à la fin de l'année, selon le ministère letton de la Défense, suite à la décision de Washington de renforcer son engagement dans un contexte de tensions avec la Russie sur l'Ukraine.
«Aujourd'hui, c'est une journée spéciale car ce matin j'ai rencontré les chefs des forces armées à la base d'Adazi et j'ai salué l'unité américaine, venue pour un exercice militaire. Nous sommes très heureux que la Lettonie et les Etats-Unis soient de proches alliés et fassent preuve de solidarité», a déclaré Mme Straujuma à la presse, après une rencontre à Riga avec son homologue estonien Taavi Roivas.
Washington avait annoncé mardi le déploiement pour des exercices en Pologne et dans les pays Baltes de 600 soldats, un geste adressé à ses alliés de l'Otan, inquiets des actions de Moscou en Ukraine.
Une unité de 130 hommes est déjà arrivée mercredi en Pologne. Un nombre similaire de soldats américains est attendu samedi en Lituanie et autant en Estonie au début de la semaine prochaine.
«Je suis content que nos alliés soient arrivés sur le sol letton, ce qui montre que l'Alliance atlantique est là pour nous. Nous sommes forts ensemble», a déclaré vendredi M. Roivas.
En annonçant mardi à Washington l'envoi de troupes dans les pays frontaliers de l'Ukraine et de la Russie, le contre-amiral John Kirby, porte-parole du Pentagone, avait précisé qu'il s'agissait d'opérations «bilatérales» de la part des Etats-Unis et non d'exercices de l'Otan. Il a noté cependant qu'il n'y avait eu aucune réticence exprimée de la part d'autres membres de l'Alliance.Ce geste «est l'expression concrète des obligations qui nous lient en matière de sécurité en Europe», a-t-il souligné. «C'est un message adressé à Moscou».