Le rôle de l'endocrinologue dans la prévention des complications d'origine hormonale durant la grossesse a été mis en relief, samedi, par les participants aux Troisièmes Entretiens d'endocrinologie de l'Hôpital militaire régional universitaire d'Oran «Dr Amir Mohamed Benaïssa» (HMRUO).
Près de 200 spécialistes ont pris part à cette rencontre qui a mis en avant l'importance de la collaboration entre le gynécologue et l'endocrinologue à l'effet de consolider la prévention des complications durant la grossesse.
«La maladie endocrinienne est souvent découverte au cours de la grossesse, pouvant avoir un impact tant sur la santé de la femme que sur la formation du foetus», a expliqué Pr Mustapha Kharroubi, président du comité scientifique de cette manifestation et chef du service de médecine interne de l'HMRUO.
«Les endocrinopathies restent toutefois rares pendant la grossesse, exception faite du diabète», a indiqué Pr Kharroubi tout en relevant que «ces pathologies, mêmes si elles sont exceptionnelles, peuvent entraîner des complications graves».
«Ces complications peuvent être fatales pour la femme enceinte et le foetus, et même en cas d'accouchement le risque de voir l'enfant naître avec malformation demeure élevé», a-t-il prévenu en insistant sur la prévention en amont par la bonne maîtrise des signes cliniques des déséquilibres hormonaux.
Ce même spécialiste a en outre soutenu la notion de «conception programmée», notamment chez une patiente qui souffre d'un problème endocrinien ou qui se trouve sous traitement, sachant, a-t-il rappelé, que «certains médicaments sont contre-indiqués durant la grossesse».
Abondant dans ce sens, le Pr Zoubir Sellal du service de médecine interne de l'Hôpital central de l'Armée (Aïn Naadja) a affirmé que «la programmation de la conception permet de mieux encadrer la grossesse».
Ce spécialiste a en outre présenté une communication sur les complications dues à l'hypertension artérielle, avant de citer des facteurs de déséquilibre hormonal, tels ceux d'ordre génétique, environnemental, alimentaire, ainsi que les perturbateurs endocriniens (produits chimiques présents surtout dans les cosmétiques).
Les participants ont axé leurs interventions sur des thèmes liés aux glandes sécrétant les hormones comme l'hypophyse (cerveau), la surrénale (au-dessus du rein) et la thyroïde (base du cou), en plus de la pathologie diabétique.
Deux ateliers de formation ont été proposés aux étudiants en marge des travaux de cette journée médicale qui a également vu l'animation de symposiums par des laboratoires pharmaceutiques partenaires de cet événement.
Ces Troisièmes Entretiens d'endocrinologie de l'HMRUO ont été ouverts par le médecin-chef et directeur des activités médicales de cet établissement, Colonel Benameur Maazouzi qui a souligné le caractère «pluridisciplinaire» de la rencontre et «l'objectif de recherche d'une approche commune aux différents acteurs de la prise en charge médicale».
Les deux premières journées d'endocrinologie de l'HMRUO ont été consacrées en 2013 et 2015 aux pathologies hypophysaires et surrénaliennes, a rappelé le Commandant Mahdi Dahmani, membre du comité d'organisation et de l'unité d'endocrinologie-diabétologie de cet hôpital.