Un nombre colossal de manuscrits arabes anciens reste à ce jour dispersé en Turquie, en Iran et dans des pays européens, a affirme vendredi à Abu Dhabi le chercheur syrien et spécialiste du patrimoine arabo-musulman, Mohamed Kadja.
Ces manuscrits, dont le volume est estimé à six millions de pièces, sont disséminés dans des bibliothèques et des musées comme celui de Saint-Petersbourg (Russie), du musée qu'abrite le site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial à Madrid (Espagne) ou encore à Londres, a indiqué le chercheur à l'APS, en marge du 24e Salon international du livre d'Abu Dhabi.
Pour M.Kadja - qui est également conseiller chargé du patrimoine immatériel à l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture)- les peuples arabes ont «plus que jamais besoin de consulter en profondeur» ces manuscrits, «en mesure, selon lui, de révéler le +vrai visage+ de la civilisation musulmane, loin de l'image d'oppression et de terrorisme» véhiculée aujourd’hui.
Evoquant la situation de crise dans son pays depuis 2011 qui a provoqué la destruction de vestiges historiques, en particulier dans sa ville natale d'Alep (nord), le chercheur syrien a appelé «tous les belligérants» à cesser de «détruire ce patrimoine millénaire», les accusant «d'en ignorer la valeur».
Spécialiste de l'histoire de la Syrie et de l'Andalousie auxquelles il a consacré plusieurs livres, Mohamed Kadja est considéré comme un des plus imminents chercheurs syriens dans le domaine du patrimoine arabo-musulman.
Egalement poète et dramaturge, il préside actuellement la «Société archéologique d'Alep», après voir été en 2006 Secrétaire général de la manifestation «Alep, capitale de la culture islamique».