Comme chaque année, la commémoration du 69e anniversaire des massacres du 8 mai 1945 a été marquée à Sétif par l’imposante marche contre l’oubli en présence de centaines d’hommes et de femmes venus de toutes les contrées de la wilaya et des autorités locales mené par le wali, le P/APW et le SG de wilaya de l’organisation nationale des moudjahidines.
69 années se sont déjà écoulées sur ce génocide et quelques rares rescapés présents dans le cortège, très jeunes à l’époque, se souviennent encore de ces horribles massacres qui se sont traduits par la mort de plus de 45 000 Algériens innocents qui ne clamaient que la justice et la liberté confisquées par le colonisateur français au moment où il célébrait sa victoire sur le nazisme et le fascisme. A Sétif, la manifestation pacifique de ce 8 mai 1945 s’est terminée tragiquement dans un bain de sang avec le premier martyr, un jeune scout, Saal Bouzid,exécuté à l’âge de 20 ans, alors qu’il refusait d’obtempérer à un commissaire français pour lui céder l’emblème national placé en tête du cortège.
Comme ce mardi 8 mai 1945, Sétif n’a pas oublié la tradition et a marché contre l’oubli et pour la fidélité, en reprenant le même itinéraire empruntée par la marche populaire depuis la mosquée de la gare, Abu Dhar El Ghafari, jusqu’à la place Saàl Bouzid en longeant une partie de l’avenue principale du 8 mai 1945, puis celle du 1er Novembre, où des gerbes de fleurs ont été déposées.
Ils étaient très nombreux à faire le déplacement de toutes les régions, même éloignées de la wilaya pour participer à cette manifestation historique afin de rendre hommage à tous ceux qui se sont sacrifiés, victimes de la répression barbare de l’occupant français. De nombreuses banderoles, rendant hommage aux milliers de victimes de ces sanglantes journées, ont été déployées. Un peu plus loin de la stèle, sur la place de l’indépendance, jouxtant la célèbre fontaine de Ain El Fouara, ce sont des jeunes
élèves des différents établissements scolaires de la ville qui ont accueillis le cortège en entonnant un récital de chants patriotiques, dont les plus célèbres restent ‘’Tayara safra ahabssi ma theroubiche’’, ‘’ Ya chabab hayou chamal ifriquia’’, ‘’ Aoufia li biladi oua chouhadas’’ etc.
La délégation officielle s’était rendue auparavant au cimetière Sidi Saïd pour déposer une gerbe de fleurs et se recueillir devant la fosse commune regroupant de nombreuses victimes de la répression sauvage de cette sanglante journée.
A l’occasion de la commémoration de cette journée, tout un programme d’activités culturel et sportif a été arrêté par la wilaya. Les manifestations officielles ont débuté la veille, c'est-à-dire le 7 mai où le wali, Bouderbali Mohamed, accompagné du P/APW Fath Kerouani a procédé à la baptisation de l’hôpital de rééducation fonctionnelle de Ras El Ma, dans la commune de Guidjel au nom du chahid Guessoum Laid, plus connu durant la révolution sous le nom de Laid Edhaoui.
La délégation s’est rendue par la suite à la maison de la culture Houari Boumediene pour assister à une conférence organisée par l’université Sétif 2 et la Sureté de wilaya, animée par le professeur Daho Fagrour, doyen de la faculté des sciences humaines de l’université d’Es Sénia à Oran, dont l’intitulé porte sur ‘’La philosophie de la résistance : lecture sur les massacres du 8 Mai 1945’’.
Ce sera ensuite au tour du Salon national du livre d’être inauguré par le premier responsable de la wilaya (voir article). Cette journée a été surtout marquée par le coup d’envoi officiel donné pour les travaux du projet du tramway de Sétif (voir article).