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M’Sila - Des sites archéologiques et touristiques à l’abandon: Le patrimoine archéologique, touristique et culturel de la wilaya en danger

Publié par le 28-12-2013, 17h21 | 1223
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En effet, depuis des années, au moment où la région manque cruellement d’emplois et de rentrées économiques,    des sites archéologiques d’une valeur inestimable sont à l’abandon et livrés au pillage et à la disparition.

Parmi ces lieux témoins de l’histoire plusieurs fois millénaire de cette région, les sites archéologiques dans les communes de Maâdhid, Bechilka et Termount.

Les visiteurs de Kalaâ de Béni Hammad,  n’en finissent pas de retenir leur souffle face à la dégradation que subissent les monuments historiques classés de cette cité. Les ruines de la Kalâa témoignent du grand raffinement de la civilisation hammadite, d'une architecture originale et de la culture palatiale de l'Afrique du nord.
La Kalâa des Béni Hammad est un site archéologique remarquable qui se situe à 36 km au nord-est de la ville de M'Sila. Cet ensemble, constitué de ruines préservées à 1 000 m d'altitude, est situé dans un site de montagnes sur le flanc sud du Djebel Maâdid. 

La Kalâa des Béni Hammad a été fondée au début du XIe siècle par Hammad, fils de Bouloughine (fondateur d'Alger), et abandonnée en 1090 sous la menace de l'invasion hilalienne. C'est un des complexes monumentaux les plus intéressants et les plus précisément datés de la civilisation islamique. Elle fut la première capitale des émirs hammadites et a connu une grande splendeur. La ville fut définitivement détruite en 1152 par les Almohades.

La Kalâa comporte, à l'intérieur d'une enceinte fortifiée de 7 km partiellement démantelée, un grand nombre de vestiges monumentaux, parmi lesquels la grande mosquée et son minaret, et toute une série de palais. La mosquée, avec sa salle de prière de 13 nefs à 8 travées est la plus grande après celle de Mansourah et son minaret est le plus ancien d'Algérie après celui de Sidi Boumerouane. 
Le plan du fort du Fanal, installé sur un piton rocheux qui domine toute la zone environnante, s'inspire de celui de palais orientaux. Le palais des émirs hammadides est un complexe formé de trois résidences séparées par des jardins, des pavillons ou des citernes.

À Boussaâda (Bou-Saada)  surnommé "la Cité du Bonheur", le peu de touristes qui viennent n’ont rien à voir. L’oasis de jadis est remplacée par des constructions en parpaing en ciment non achevées. Même le sable risque de disparaître dans cette région à cause du pillage excessif.  Ses tapis et ses tentures réputés pour la gaieté de leurs tons sont presque devenus ternes, sans éclats et même remplacés dans plusieurs magasins par des productions importées de Chine. Son fameux couteau ‘’Boussaâdi’’

À la zaouïa d’El-Hamel « un des grands centres de la confrérie des Rahmania » lieu de culte et de spiritualité, la politique reprend le dessus. « Circulez, rien à voir !», dira un habitant de la ville. Les tableaux d’Etienne Dinet qu’immortalisa la ville à travers ses œuvres « une centaine de toiles entre paysages et scènes de la vie », deviennent de la fiction. « Ils ne reflètent plus ni les paysages ni les vie quotidienne de Boussaâda », dira un touriste rencontré à l’intérieur du musée.

A dix kilomètres de la ville, dans la commune d’Ouled Sidi Brahim, les sites de  la Kalaât Dhiab El Hillali, sont menacés en plus de l’oubli par les carrières de concassage qui l’entourent.
Cette citadelle a été bâtie au temps des Romains sur la montagne de Sellat au 3e siècle après J-C. Le site, offre aujourd’hui un pitoyable spectacle de désolation et de ruines, est composé d’un fort érigé à des fins militaires par les Romains pour son emplacement dominant la plaine du Hodna a été utilisé pour la même raison après l'invasion des Vandales au 4e siècle qui l'ont appelé Eddis Tiana, de monuments funéraires qui consistent en des tumulus (des tombes d'autrefois) aussi des bassins et des greniers pour conserver les céréales. A l'époque des Arabes, la citadelle fut utilisée par la tribu de Z’nata au 7e siècle, conduite par son chef Saad Z’nati avant l'arrivée des Beni Hillal qui l'ont occupée sous la conduite de leur chef militaire Dhiab El Hillali dont elle porte le nom jusqu'à ce jour.

La région de M’Sila, cache des milliers de sites archéologiques. Actuellement, 144 sites sont identifiés mais abandonnés aux aléas du temps et à la nuisance des hommes. Les habitants de ces régions estiment que les monuments et sites historiques de la région s’acheminent, dans la situation actuelle, vers l’extinction pure et simple.

Sur la même lancée, les spécialistes, soutiennent que la sauvegarde de ces monuments requiert la mise en place d’une démarche de préservation et de valorisation capable d’enclencher une dynamique de développement qui, basée sur le tourisme culturel, saura intégrer ces sites dans le circuit économique de la wilaya de M’Sila

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