Santé

Blida: Agressions sur les professionnels de la santé, les mesures de sécurité pointées du doigt

Publié par DK NEWS le 24-09-2019, 15h23 | 1
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Les agressions verbales ou physiques répétées sur les professionnels de la santé dans les hôpitaux de Blida ont pris de l'ampleur ces dernières années et la qualité de la couverture sécuritaire est désignée comme principale cause de cette situation, ont relevé à l'APS divers intervenants locaux dans le secteur.

Selon des professionnels de la santé exerçant dans des établissements sanitaires de la wilaya, des mesures «urgentes» doivent être prises pour dissiper les «inquiétudes, craintes et angoisses» chez eux, et, partant, leur permettre d'accomplir leur mission dans la sérénité.

 «Nous vivons quotidiennement dans la pression et l’inquiétude, de jour comme de nuit durant les permanences.

La peur d'être victimes d’agressions verbales ou physiques est omniprésente chez les médecins, les infirmiers et même les agents de sécurité, de la part de personnes venues pourtant à l'hôpital pour se soigner ou accompagner des patients», se plaint Dr Hamza Nacira, médecin chef à la polyclinique d’Ouled Aich. «Ce qui est éc£urant est que les causes des agressions sont souvent minimes et ne justifient en aucun cas ces comportements», déplore-t-elle, citant, à titre d'exemple, «un patient qui refuse d'attendre son tour, l'indisponibilité d'un médicament au niveau de l’établissement ou carrément le refus de s’acquitter des frais de visite, fixés à seulement 50 DA».

 La praticienne tire ainsi la sonnette d'alarme avec la multiplication des risques d’agression notamment durant les permanences de nuit. «Nous accueillons des toxicomanes en quête d’ordonnances pour avoir des psychotropes en pharmacies, et quand le médecin ne répond pas favorablement à telles demandes, il est victime d’agressions, de menaces verbales ...».

 Elle a cité le cas d’un citoyen qui s’en est, dernièrement, pris à une femme médecin enceinte, en lui saccageant son bureau et en cassant son téléphone portable. «Cette dame est encore sous le choc», raconte Dr.Hamza.

 Pour sa part, Zerroukate Mohamed, coordinateur des activités paramédicales au niveau du même établissement, assure que les agressions sont devenues «monnaie courante» dans le secteur.

Regrettant le manque de respect de quelque patients et leurs accompagnateurs pour le médecin, l’infirmier et l'agent de sécurité, il a attiré l'attention sur la «grande pression» subie par le personnel de cette polyclinique couvrant une population de 110.000 âmes, en dépit d’un «manque flagrant» en moyens matériels et humains, sachant que qu’elle accueille une moyenne de plus de 200 patients, rien que durant la garde de nuit.

M.Zerroukate, a souligné au passage «le manque en agents de sécurité et en cameras de surveillance qui peuvent régler pas mal de problèmes et jouer un rôle dissuasif». «Un patient a été victime d'une agression à l’arme blanche à l’intérieur même de la polyclinique.

Que peut faire un simple agent dans pareils cas?», s'interroge-t-il. Le responsable s’est en revanche félicité de l’engagement pris dernièrement par son administration en vue d’installer quatre cameras de sécurité ce qui réduira les craintes du staff médical, selon lui.

Protection des médecins et des infirmiers :revendication légitime

«Nous réclamons une protection contre ces agressions devenues source d’inquiétude pour nous et nos familles, car nous sommes aussi des citoyens comme les autres», a encore dit Dr Hamza Nacera.

La praticienne a particulièrement déploré la «grande pression psychologique dans laquelle vivent les familles des médecins femmes notamment, qui font face durant leur permanences à des toxicomanes». Le déficit en matière de sécurité est, également, décrié par les infirmières de cette polyclinique. «Mes confrères subissent des agressions de la part de patients et il n’est pas question de porter plainte ou d'entamer des poursuites judiciaires. Nous sommes là pour une noble mission notre sécurité est aussi une priorité», insiste une infirmière.  Une proposition a été faite, à ce propos, par le directeur de l’hôpital de Boufarik, Reda Daghbouche, qui a recommandé la dotation des établissements hospitaliers en agents de sécurité spécialisés et diplômés d’écoles de sécurité, en recourant à la sous-traitance, avec des société spécialisées en sécurité, comme «c’est le cas avec les agents d’hygiène, a-t-il fait savoir.

«Un agent de sécurité ne doit pas être recruté sur la base de concours seulement, car il doit remplir d’autre conditions supplémentaires impératives pour lui, comme avoir la condition physique et avoir des connaissances en arts martiaux, ou a être ex-policier, ou un ex-militaire», a estimé le même responsable. Il a souligné que ces «conditions sont généralement remplies par les agents de sécurité proposés par les sociétés spécialisées» qui, selon lui, «préparent leurs recrues à faire face à tout types d’agressions éventuelles». Toujours selon Reda Daghbouche, l’hôpital de Boufarik a enregistré «952 cas d’agressions verbales et physiques durant la période allant du 1 janvier au 31 juillet de l’année en cours, en dépit de sa dotation en cameras de surveillance et en un agent de police», a-t-il indiqué.

Il a cité parmi les causes à l’origine de ces agressions la «pression subie» par son établissement, qui accueille un grand nombre de personnes, le «jugeant meilleur que les polycliniques et les salles de soins, même s’il ne s’agit parfois que d’une simple grippe», a-t-il souligné. «Cela nous entrave énormément dans la bonne prise en charge de malades chroniques, ou les personnes souffrants victimes de sérieux problèmes de santé ou complication», a-t-il déploré.

De son côté, le directeur de la santé de la wilaya de Blida, Ahmed Djemai, a, aussi, admis l’existence de cas d’agressions verbales et physiques sur les staffs médicaux activant dans les établissements relevant de son secteur, «particulièrement au niveau des service des urgences médicales et chirurgicales». «La majorité de ces agressions sont perpétrées par les accompagnateurs des malades», a-t-il ajouté, sans écarter complètement l'existence «de cas rares de mauvais traitements des citoyens de la part des agents des hôpitaux».

«Nous ne pouvons pas assurer une totale couverture de ces établissements, en agents de sécurité, en période de nuit notamment, à cause du manque accusé en postes budgétaires consacrés à cette catégorie, au moment où ceux qui partent en retraite ne sont pas remplacés», a encore expliqué M. Djemai.

La même responsable a affirmé la dotation des hôpitaux de Blida (CHU Franz Fanon, Brahim Tirichine) et de Bouafrik et d’El Affroune, en cameras de surveillance, et en agents de police (appelés à la rescousse en cas d’agressions) . En revanche, les centres de santé, les polycliniques et les salles de soin, dont 13 assurent des permanences en 24h sur 24, à l’échelle de la wilaya, «ne sont pas équipées en cameras de surveillance, à cause de leurs budgets limités», a-t-il déploré. Le ministre de la Santé, de la Population et de la Reforme hospitalière, Mohamed Miraoui, avait récemment recommandé l’équipement des établissements assurant des permanences médicales en cameras de surveillance.

«La loi protège les employés de la santé contre toute agression dont ils pourraient faire l’objet», a-t-il assuré, par ailleurs, soulignant l'introduction de poursuites à ce sujet auprès de la justice.

 Lors d’une visite de travail à Blida, le 27 août dernier, le ministre avait qualifié d'«inacceptables» les agressions contre les personnels de santé.

«Je ne tolère aucune agression contre les personnels de la santé dans l’exercice de leurs fonctions, car il s’agit d’un délit que rien ne saurait justifier», a-t-il dit.

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