Culture

Adrar Le Ksar d’Ighezer, un vestige témoin du génie architectural dans le Gourara

Publié par DKnews le 19-05-2017, 16h04 | 5
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Le vieux ksar d’Ighezer, dans la commune d’Ouled  Saïd, dans le Gourara (Adrar), figure parmi d’anciens sites archéologiques  encore témoin, à travers son cachet urbanistique et architectural, du génie  de l’homme saharien dans la réalisation de son bâti.

Situé à une douzaine de kilomètres de la capitale de l’oasis rouge,  Timimoune, le vieux ksar d’Ighezer, puise ses spécificités patrimoniales et  culturelles de sa position géographique, surplombant le lac de Timimoune,  entouré de verdoyantes palmeraies, sources économiques et vivrières pour la  population du Gourara.

Constituant une des anciennes concentrations d’habitants ayant peuplé  cette vaste étendue du désert, ce site ancestral a été érigé  somptueusement, avec des matériaux locaux adaptés aux conditions  climatiques de la région, sur un monticule au centre de cette agglomération  et de ses jardins, donnant l’impression d’une tour d’observation des  mouvements et dangers engendrés par les conjonctures sociales de l’époque,  a expliqué un membre de l’association «Ighezer» pour la préservation des  sites archéologiques et touristiques de la commune de d’Ouled Saïd.

Constituant un des vestiges témoignant de la longue histoire de la région  de Timimoune, Ighezer, fondé selon des locales, par les tribus Zénètes  installées dans la région depuis de longues dates, constituait un noyau  urbanistique jonché sur un site rocailleux appelé «Dar El-Hassi», l’eau  étant source de stabilité pour la population.

Cette dernière s’est dès lors attelée, pour parer à toute incursion  étrangère, à ériger des remparts soutenus par des piliers de consolidation  pour résister aux rudes aléas climatiques, a précisé le président de  l’association précitée, Berachid Hachemi.

Ksar Ighezer, un site très admiré

Ce vieux Ksar, un des sites touristiques très admirés, est surplombé d’une  tour d’observation permettant la surveillance, sur de longues distances,  d’éventuelles invasions ennemies sur cette Casbah, dont l’accès est très  sinueux et labyrinthique.

La Casbah d’Ighezer, scindée en ilots séparés par des voies d’accès, à  savoir ses flancs Est et Ouest et Dar El-Hassi, a connu, avec l’avènement  d’une ère de stabilité et de paix régnante, une extension de ses issues et  venelles et de ses structures, avant d’être étoffée d’une mosquée, d’une  maison-hôte manifestant harmonieusement le cachet urbanistique et  architectural du Ksar.

Ces opérations d’aménagement et d’extension ont également porté sur la  restructuration de l’espace habitable, en plus de la correction de  certaines autres structures, dont les barricades, le rempart, la tranchée,  le minaret et la consolidation des palmeraies à la faveur du rallongement  des séguias d’irrigation.

Avec une conception architecturale épousant le milieu saharien et  construit principalement en matériaux locaux, dont le gypse, les troncs de  palmiers et la pierre, le ksar est composé d’habitations et de venelles  recouvertes de toitures en troncs de palmiers, permettant d’atténuer la  rigueur du climat, aussi bien en hiver qu’en été, et au flanc Est la  mosquée, de forme carrée, embellie d’arcades comme soutènement pour pouvoir  accueillir plus de fidèles.

Ce legs ancestral renferme, entre-autres structures, «Dar El-Cadi»  (tribunal), édifié près du marché, pour hâter le dénouement des conflits  engendrés par les activités commerciales, en plus de la «Rahba»  (esplanade) donnant vers la mosquée, ainsi que le «Makam» (sépulture),  d’un des saints patrons de la région, dont le siège visible avec sa forme  conique, teinté en blanc, au milieu de la palmeraie et le Ksar, constituant  une partie de la mémoire populaire collective de la région.

Ce vieux Ksar est aussi composé de bâtisses accrochées les unes aux  autres, dont les entrées sont pratiquement caractérisées de «Ataba», le  seuil de la porte, placé à contre-courant du sable et des vents et offrant  l’accès à la «Skifa», un espace rectangulaire, trait d’union entre  l’extérieur et l’intérieur de la bâtisse.

L’ossature de toute ancienne bâtisse ne peut négliger la cuisine, cet  endroit exigu servant de lieu de préparation de repas sur feu de bois, et  la salle d’accueil des visiteurs appelée «El-Kaous» (arcade), dérivant  son appellation des arcades formant sa toiture, lieu de regroupement de la  famille et d’accueil des visiteurs, en plus du grenier installé sur la  terrasse.

Cette dernière sert de «dortoir» à la belle étoile durant les  nuits estivales.

Des matériaux résistants aux vicissitudes du temps et au climat rude

Construite principalement en Toub (pisé), en argile, sable et pierres,  troncs et feuilles de palmiers, la Casbah d’Ighezer reflète le génie  architectural des anciens habitants de la région qui n’ont ménagé aucun  effort pour la consolidation des socles des bâtisses en pierre dures,  d’argile mélangé à la chaume et au sable pour soutenir les habitations,  entrelacées de ruelles et de venelles, et dont les couches d’étanchéité des  terrasses sont faites à partir d’un mélange de chaux et de sable.

Cette composition de prévention contre les aléas climatiques permet de  cimenter le toit et de le prémunir contre les infiltrations des eaux  pluviales, toute en renforçant la toiture de «Kadous», des chéneaux  devant conduire les eaux hors des bâtisses pour éviter les infiltrations et  la fissuration des habitations. 

Ces anciennes méthodes de construction et d’architecture à travers le  territoire de la wilaya d’Adrar montrent l’ingéniosité des anciens  habitants de la région, à travers ces réalisations et leurs impacts, à  dompter la rigueur du climat, contribuant ainsi à perpétuer la vie dans ces  zones arides et désertiques, a fait savoir le membre de l’association  Ighezer.

L’association s’emploie à mettre en valeur ce legs ancestral par le  lancement d’actions associatives pour la restauration de pans d’habitations  en pisé proches de la Casbah, en vue de sauvegarder ses spécificités  urbanistiques et architecturales, à la satisfaction aussi bien des  archéologues, anthropologues et des touristes en quête de découverte des  anciens modes de vie dans le Gourara.

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