Culture

Le mémoriel pas le principal, mais la France doit dire la vérité

Publié par DKnews le 20-06-2014, 16h16 | 29
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La question mémorielle entre l’Algérie et la France n’est pas le sujet principal dans les relations bilatérales, mais la France doit dire la «vérité» sur son passé colonial, a affirmé mercredi le co-président de la Grande Commission Interparlementaire France-Algérie, Patrick Mennucci. «Nous ne voulons pas faire de la question mémorielle un sujet principal.

Le sujet c’est le développement économique, c’est la sécurité, mais en même temps la France doit dire la vérité, c’est ce qu’a fait (le président) Hollande lorsqu’il s’était exprimé devant les parlementaires algériens en 2012. Et nous poursuivons dans ce sens», a-t-il déclaré, lors d’un point de presse co-animé avec son homologue algérien Belkacem Bellabbes en marge de la 2ème réunion de la Grande commission parlementaire France-Algérie, tenue à Paris.

Lors d’un  discours devant les parlementaires algériens, le chef de l’Etat français avait reconnu les «souffrances que la colonisation française» a infligées à l'Algérie, sans toutefois formuler les excuses de la France. «Pendant 132 ans, l'Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal. Et, ce système a un nom : c'est la colonisation», a-t-il déclaré.

Selon Mennuci, la France est en train de rentrer dans «l’acceptation» de la réalité de ce qui s’est passé. «Nous ne sommes pas responsables personnellement, ni les uns, ni les autres, et c’est sans doute ce qui facilite au fond notre position», a-t-il dit, annonçant qu’à la faveur de la visite des parlementaires algériens en France, un plaque sera apposée jeudi dans une place publique à Marseille pour rendre hommage aux victimes des massacres coloniaux de Sétif, Guelma et Kherrata, en mai 1945.

«Cela veut dire qu’on est dans une logique de reconnaissance, on va continuer à expliquer qu’un massacre a eu lieu et c’est ça qui va nous permettre de poursuivre ce travail moderne», a soutenu le parlementaire français.

Le co-président de la Grande Commission Interparlementaire Algérie-France, Belkacem Bellabbes, a, de son côté, fait savoir que la cérémonie prévue à Marseille pour honorer les victimes des douloureux évènements dans le Sétifois en 1945 prouve que les deux groupes d’amitié algérien et français «avancent la main dans la main».

La 2ème réunion de la Grande commission parlementaire France-Algérie s’est tenue à Paris sous la co-présidence du président de l'Assemblée populaire nationale, Mohamed Larbi Ould Khelifa, et son homologue français, Jean Claude Bartolone.

A la faveur de cette visite, M. Ould Khelifa, à la tête d’une délégation de parlementaires algériens, s’est auparavant entretenu en aparté avec M. Bartolone, avant de rencontrer le président du Sénat, Jean Pierre Bel. Il a eu par la suite un déjeuner de travail avec le ministre des Affaires étrangères et du Développent international, Laurent Fabius.

Dans l’après-midi, il a assisté à une séance de questions au Gouvernement à l’'Assemblée nationale française, où la délégation algérienne a été reçue par un tonnerre d’applaudissements. En fin d’après-midi, MM. Ould Khelifa  et Bartolone co-présideront, à l’Arc de Triomphe (Tombe du soldat inconnu), une cérémonie de ravivage de la flamme.

La Grande commission mixte France-Algérie a été installée en vertu d'un protocole-cadre signé entre les présidents des deux Assemblées le 21 janvier 2007 à Alger. Ce mécanisme vise à appuyer le dialogue politique, encourager les échanges entre les organes des deux Assemblées, suivre les relations politiques, économiques et socio-culturelles bilatérales, promouvoir l'amitié algéro-française et la solidarité méditerranéenne au sein des deux Assemblées et contribuer à la promotion et au développement de la coopération bilatérale. 

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