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Histoire de la Révolution : La bataille de Djebel Bouzegza (Ouarsenis), une épopée qui a brouillé les cartes de l’armée coloniale

Publié par DK NEWS le 24-01-2023, 16h06 | 22
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La bataille de "Djebel Bouzegza", qui a eu lieu dans la wilaya de Tissemsilt en janvier 1958, est une épopée héroïque qui a brouillé les cartes de l'armée coloniale française, notamment en desserrant l’étau sur la région de l’Ouarsenis et en infligeant de lourdes pertes à l'ennemi.  

Le lieu de la bataille est situé dans la commune de Melâab relevant de la zone 2 de la wilaya IV historique, lors de la Guerre de libération nationale.

 Les hauteurs de la vallée de Bouzegza constituaient un lieu propice pour l'Armée de libération nationale (ALN) à travers la mise en place de plusieurs campements dont "Dalia" situé près du village de Ouled Ali, supervisé par le chahid Haouache Abdelkader, et "Ayayda" dirigé par le défunt moudjahid Hadj Tayeb, selon des témoignages de moudjahidine ayant vécu la bataille, enregistrés par le Musée de wilaya du Moudjahid.

 La bataille a été précédée, au courant des deux premières semaines de Janvier 1958, de déploiements massifs des forces de l'armée d'occupation dans la région et d'un mouvement de camions militaires, dans le cadre de renforts aux principaux centres de l'armée coloniale dans l'Ouest du pays, ont indiqué le moudjahid Azzeddine Mabtouche et des compagnons d’armes dont certains sont décédés, ces dernières années.

 La région a vu aussi une multiplication de raids d’avions de combat français, à tel point qu'il a été clair pour les moudjahidine ayant étudié la situation, que l'ennemi s’apprêtait à un ratissage de grande envergure, selon la même source, sans préciser avec exactitude le jour de la bataille.

 Par conséquent, la katiba (compagnie) de l'ALN en faction dans la région a reçu l'ordre du commandement de la région de se préparer à toutes les éventualités dont un état de siège et de se diriger immédiatement vers Melâab en raison de l’emplacement stratégique de cette zone. Arrivés dans cette zone, les éléments de la katiba ont été instruits de se diriger vers la vallée de Bouzegza et d’occuper des points stratégiques, en plus d’effectuer des patrouilles de reconnaissance du haut des pics voisins. Après une surveillance attentive, les moudjahidine ont constaté que les forces coloniales étaient présentes sur les hauteurs voisines et sur le point d’effectuer un ratissage.

 

Un affrontement inévitable

 

Sur ordre du commandement de la région de l'ALN, il a été décidé d'attendre et de se préparer à affronter les éléments de l'armée française, quelles que soient les circonstances, surtout que les lieux étaient assiégés et tous les accès et routes menant vers et depuis la région bloqués.

 Les témoignages soulignent que, vu la situation, il a fallu aux moudjahidine se déployer et se diriger vers le piedmont de la vallée de Bouzegza où les conditions naturelles sont favorables dans de tels cas. Sur les lieux, les éléments de l'ALN scrutaient les mouvements des forces françaises qui, dans leur reconnaissance intensive, ont pu découvrir les traces des chaussures des moudjahidine, ce qui les a contraint à lancer une offensive le matin de la bataille. Le début de la bataille a été marqué par l'avancée de l'infanterie française vers les positions des moudjahidine, accompagnée d'un bulldozer pour niveler le terrain pour la colonne de camions militaires et de véhicules blindés.

 Après une courte progression, les soldats français se sont heurtés à des membres de l'ALN, qui ont pris l'initiative d'ouvrir le feu et de les surprendre durant près d'une heure. Devant une présence intense de l'armée française en nombre et en matériel, les éléments de l'ALN, menés par le défunt moudjahid Amara Djillali dit "Haroune", ont été contraints de se replier vers le fond de la vallée de "Bouzegza" où é taient stationnée la katiba dirigée par le défunt moudjahid Tergui Kouider dit "Noureddine" et les combats se sont intensifiés jusqu’au soir.

N’ayant pas réussi à remporter la victoire sur le terrain malgré la supériorité numérique, les forces de l'armée coloniale ont utilisé des avions de combat et l’artillerie lourde, mais cela n'a pas découragé la détermination et la fermeté des moudjahidine qui ont répondu avec férocité forçant l'ennemi à battre en retraite. Les forces terrestres de l'armée coloniale ont pris d'assaut le terrain avec des véhicules blindés, faisant quelques avancées jusqu'à la tombée de la nuit, permettant aux moudjahidine de se diriger vers le sommet de la montagne voisine "Hamou" et de s'éloigner du champ de bataille.

 Dans cette bataille, 60 soldats de l'armée française, dont un officier au grade de commandant, ont été abattus et 60 autres blessés, en plus de la destruction d'un avion de chasse.

 Dans les rangs de l’ALN, 17 moudjahidine sont tombés au champ d’honneur dont Zoubir Lakhdar, Benseghir Sahraoui, Djelloul Bouadjadja, Bouadjadja Tahar et Benaouda Meliani, selon la même source. En commémoration de cette épopée, le musée de wilaya du Moudjahid a tracé un programme spécial pour faire connaître les combats de l'ALN dans l’Ouarsenis, qui comporte l'organisation de vi sites de terrain au profit d'élèves des établissements scolaires, d'étudiants universitaires, de stagiaires des centres de formation et d’adhérents des établissements culturels et de jeunes aux sites des exploits de la glorieuse guerre de libération, selon le même établissement qui œuvre à la préservation de la mémoire nationale. Ces visites ciblent plusieurs sites témoignant de l'héroïsme et des sacrifices des martyrs et des moudjahidine pour l'indépendance de l'Algérie, comme celui de la bataille de Bouzegza dans la commune de Melâab, l'ancien centre de l'armée coloniale à Sidi Lahcen dans la commune de Sidi Abed, objet d'une attaque héroïque, et le site de la bataille de Bab El Bekkouche, dans la commune de Lardjem.

 

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