Economie

Accélérer l’investissement productif pour faire face à la chute des prix du pétrole

Publié par DK News le 24-11-2015, 00h49 | 37
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Des membres de l’Assemblée populaire nationale (APN) ont appelé hier à Alger, lors du deuxième jour du débat sur le projet de loi de finances (PLF) de 2016, à renforcer, en «urgence», l’investissement productif sur fond de baisse des prix du pétrole pour permettre au pays de surmonter cette période «difficile».

Selon des députés de différentes formations politiques, l’Etat doit - pour faire face à la diminution de près de la moitié de ses revenus d’exportation d'hydrocarbures en moins d’une année - accélérer la relance de l’investissement dans les secteurs créateurs de richesse et de valeur ajoutée. Dans la conjoncture actuelle, il est nécessaire pour le gouvernement de prendre des «mesures d’urgence» pour ajuster la politique économique de façon à sortir de la dépendance de la rente pétrolière, estime Houda Telha, du Rassemblement national démocratique (RND).

Selon elle, l’Algérie doit investir massivement dans les secteurs qui recèlent un grand potentiel et qui créent de la richesse, à l’image de la pétrochimie au lieu de se limiter à l’exportation des ressources pétrolière et gazière à l'état brut.

Mohamed-Tahar Kaddour, du RND, prône, pour sa part, une stratégie de «sortie de crise» devant permettre à l’économie nationale de se redynamiser.

Saluant les nouvelles dispositions introduites par le PLF 2016 visant à encourager l’investissement productif, l'intervenant a souhaité que les opérateurs économiques déploient, de leur côté, davantage d'efforts pour réussir leurs projets, et contribuer ainsi à la relance de l'industrie. La relance des secteurs agricole et industriel serait la «meilleure» solution pour le pays dans le contexte actuel, selon Ahmed Benaissa, un élu indépendant qui appelle à «ne pas toucher au budget d’équipement» des secteurs porteurs afin de permettre l’achèvement du programme de développement tracé par les pouvoirs publics.

Il a proposé aussi, pour booster l’investissement productif et encourager la production nationale, le renforcement du partenariat public-privé.

«Le problème ne réside pas dans la baisse des prix du pétrole mais plutôt dans la politique économique du pays», dit Ahmed Batatache, du Front des forces sociales (FFS), qui décrit le PLF 2016 comme une «loi de crise».

Le député s’interroge sur le sort du pays après l’épuisement des réserves de change de l’Algérie (121 milliards de dollars prévus à fin 2016) qui représentent l’équivalent de 23 mois d’importation.

Sur un autre volet, des membres de la chambre basse du Parlement ont recommandé de diversifier les sources de financement en dehors du budget de l'Etat.

Ainsi, le député Mohamed-Kamel Abazi, du parti Tadjamoue Amel El-Djazair (TAJ),  a estimé que le développement et une meilleure exploitation du secteur bancaire et du marché financier peuvent se répercuter positivement sur l’économie nationale.

Des députés ont en revanche critiqué les nouvelles dispositions qui portent sur des augmentations de certaines taxes et prix de produits énergétiques.

En outre, d'autres membres de l’Assemblée ont exprimé leur «refus total» des articles 53 et  56 qui prévoient la possibilité, respectivement, de mutation des droits de concession en cession des terrains relevant du domaine privé de l’Etat pour les investissements touristiques, et de cession des biens de collectivités locales aux opérateurs privés.

D’autres intervenants ont affirmé rejeter l’article 71 qui prévoit l’introduction d’un mécanisme d’«équilibre budgétaire» selon lequel le ministre des Finances peut décider, à travers des «décrets d’ajustement», l’annulation ou le gel des crédits «en cas de perturbation des équilibres généraux de la loi de finances ou de l'équilibre budgétaire prévu».

Le débat sur le projet de loi doit se poursuivre jusqu’à mardi, tandis que le vote sur ce même texte est prévu pour lundi prochain.

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