L’épilepsie n’est plus une maladie « tabou » en Algérie et les malades ainsi que leurs familles prennent de plus en plus conscience de l’intérêt de consulter précocement pour cette atteinte neurologique afin d’éviter des complications de la pathologie.
C’est lors d’une journée « porte ouverte » destinée aux patients et leurs familles, hier, à la Medina Ardis, que le Pr Mustapha Sadibelouiz, neurologue à l’EHS d’Ait Idir (Alger), a noté une nette amélioration dans la prise de conscience des malades et de leurs familles sur l’importance du suivi médical pour cette affection neurologique, pour éviter les complications.L'épilepsie est une maladie neurologique chronique, provoquée par des dysfonctionnements de l'activité électrique du cerveau.
Ces dysfonctionnements se traduisent par des surcharges électriques, véritables orages neuronaux, qui altèrent le comportement des neurones par la propagation d'une onde électrique à travers tout ou partie du cortex cérébral : c'est la crise d'épilepsie. Le caractère récidivant de ces crises, de nature et d'intensité variables, et se produisant à des rythmes pouvant aller de plusieurs par jour à quelques-unes par an, signe le syndrome épileptique.
Le professeur a précisé, sur la prise en charge de la maladies, que des centres médicaux spécialisés en neurologie étaient fonctionnels sur l’ensemble du pays et que les malades n’étaient plus obligés de se déplacer dans les centres de référence, d’Alger, d’Oran ou de Annaba, pour se faire soigné.
S’agissant du nombre de malades recensé sur l’ensemble du pays, le spécialiste a précisé qu’ils étaient au nombre de 400.000, ajoutant qu’ils étaient bien pris en charge dans différents centres de neurologie à travers tout le territoire national.
Ce spécialiste a expliqué qu’il existait différentes formes d’épilepsie, à savoir les formes idiopathiques (sans causes précises) et les formes symptomatiques, qui sont les plus sévères mais plus rares aussi.
Formes et diagnostic de l’épilepsie
Les formes épileptiques les plus fréquentes sont décelées chez l’enfant à partir de 2 ans et après plusieurs épisodes de convulsion ou d’absence (perte de contact) et/ou secousses musculaires. Cependant, des formes d’épilepsie peuvent apparaître chez l’adulte à partir de 25 ans en raison de lésions cérébrales, d’accident vasculaire cérébral ou d’affections métaboliques.
Sur le plan héréditaire, le chef de service neurologie a relevé des cas rares d’épilepsies familiales se transmettant des parents vers l’enfant.L’intervenant a aussi précisé que le diagnostic de l’épilepsie était établi après plusieurs crises convulsives et non pas après une seule crise. Il a indiqué dans ce sens qu’une convulsion pouvait être due à une hypoglycémie ou bien à une fièvre importante et que ce n’était pas pour autant un indicateur de cette maladie neurologique.
Sur le plan de l’anamnèse, l’épilepsie est une pathologie bien diagnostiquée en Algérie par les neurologues. Selon le Pr Sadibelouiz, le diagnostic se fait par un interrogatoire poussé du patient et de ses proches et à travers des examens neurologiques à l’aide d’électroencéphalogramme. Cette affection neurologique est guérissable au bout de quelques années de traitement dans 50% des cas, a ajouté le conférencier, précisant que le traitement doit être progressif et pris régulièrement.
Il a suggéré aux malades, une bonne hygiène de vie, la prise régulière des médicaments, un bon sommeil et la protection des rayons solaires et autres luminosités.Par ailleurs, le professeur en neurologie a averti des risques liés à l’arrêt brutal du médicament après guérison des patients.
L’arrêt du traitement doit être progressif et graduel, a-t-il ajouté. Le traitement des différentes formes d’épilepsies est disponible en Algérie dans tous les centres de neurologie, pour une bonne prise en charge de la maladie, a aussi rassuré le professeur.