Les prix du pétrole demeurent dans le rouge lundi en cours d'échanges européens, sans parvenir à maintenir leur léger rebond entamé vendredi dans le sillage d'un dollar affaibli, restant plombés par les excédents.
Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre, dont c'est le premier jour d'utilisation comme contrat de référence, a reculé de 63 cents à 42,90 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres.
Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour livraison en septembre a lâché 56 cents à 41,04 dollars.
«Le pétrole a réalisé sa pire performance mensuelle de l'année (en juillet) et étant donné que sa corrélation avec les marchés d'actions s'est évanouie» le mois dernier, cette piètre performance est uniquement basée sur des considérations fondamentales concernant l'offre et la demande, ont relevé des analystes.
Même si le WTI, après un déclin continu lors des six précédentes séances, était parvenu à clôturer en hausse vendredi, sous l'effet notamment d'une nette dépréciation du dollar consécutive à la réunion de la Réserve fédérale américaine, (Fed), ce sursaut aura été de courte durée.
Ainsi, malgré une nouvelle incursion dans le vert lundi durant les échanges asiatiques, Brent comme le WTI perdaient de nouveau du terrain pendant les échanges européens, renouant avec la tendance baissière qui les a vus signer de nouveaux plus bas en près de trois mois vendredi.
Les craintes d'une surabondance d'offre persistante reviennent-elles hanter le marché, sur fond de niveau record des stocks américains et de reprise de la production aux Etats-Unis alors que celle-ci n'avait fait quasiment que décliner au premier semestre, donnant une lueur d'espoir au marché.
En outre, le nombre de puits américains en activité a encore un peu augmenté la semaine dernière, de trois unités, selon le décompte du groupe privé Baker Hughes publié vendredi, dont certains observateurs font un indicateur avancé de la production.
Du côté des autres producteurs, les nouvelles n'étaient guère plus encourageantes alors que la réouverture de deux importants terminaux pétroliers en Libye faisait craindre une augmentation de l'offre de ce pays d'ici la fin de l'année.
«Des nouvelles en provenance d'Arabie saoudite durant le week-end pèsent également sur les prix. Le plus gros producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a réduit ses prix de vente officiels pour les consommateurs asiatiques en septembre de 1,30 dollar par baril» par rapport au mois d'août, rapportaient des analystes.
Les cours du pétrole en hausse en Asie
Les cours pétroliers s'affichaient en hausse lundi en Asie, en raison de la faiblesse du dollar qui incite les investisseurs à faire de bonnes affaires, mais une surabondance des stocks et une faible demande vont modérer les gains, selon des analystes.
Vers 04H00 GMT, le baril de light sweet crude (WTI) pour livraison en octobre progressait de 0,36%, soit 15 cents, à 41,75 dollars le baril, dans les échanges électroniques en Asie.
Le baril de Brent, référence européenne du brut, pour livraison en octobre, augmentait de 0,34%, soit 15 cents, à 43,68 dollars le baril. Les cours ont atteint un plus bas de trois mois la semaine dernière, après que des statistiques américaines ont fait état d'une hausse inattendue des stocks de brut et de gaz.
Et la nouvelle d'une progression moins rapide que prévu de la croissance américaine d'avril à juin a également suscité des interrogations quant à la demande des Etats-Unis, plus gros consommateur d'or brut au monde.
Cette faiblesse réduit cependant les chances d'une hausse des taux d'intérêt américains cette année, entraînant du coup un recul du dollar et rendant le pétrole moins cher dans d'autres devises.
Mais des analystes doutent que cette légère progression dure.
«Il y a pour le moment une tendance à la baisse claire sur le marché», a déclaré Michael McCarthy, chef stratégiste chez CMC Markets à Sydney, à l'agence financière Bloomberg News.
«La situation de surabondance qui se poursuit suscite des préoccupations», a-t-il souligné.
Pour Sanjeev Gupta, analyste en pétrole et gaz chez EY, «les cours du brut continuent de rester sous pression en raison des préoccupations concernant le ralentissement de l'activité économique aux Etats-Unis, le niveau élevé des inventaires de brut et produits finis, et les informations de médias faisant état d'une production plus élevée de l'Opep en juillet».
Selon le cabinet spécialisé S&P Global Platts, la production de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a grimpé à 300.000 barils par jour en juin, proche d'un plus haut de huit ans de 32,73 millions de barils par jour.